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Tome onzième
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PUBLICATION INDUSTRIELLE.

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spéciales à chaque espèce de filaments. La supériorité du peignage manuel et ladiversité des caractères des matières premières expliquent lopiniâtreté avec laquelleles plus habiles et les plus compétents ont suivi cette voie.

Avant Heilmann nul naurait supposé quun même système pouvait être indis-tinctement appliqué aux diverses fibres, et bien moins encore que lopération auto-matique distancerait bientôt les résultats les plus perfectionnés, exceptionnellementfournis par louvrier le plus habile.

Cest en abandonnant les errements du passé que le célèbre inventeur a si remar-quablement réussi. Il a imaginé deux machines; lune ébauche le travail par undémêlage, et lautre reçoit le produit de la première sous forme de ruban : celle-cile fractionne, en redresse et épure les fibres presque une à une, réunit cellesdégale longueur, les parallélise, et les soude par juxtaposition pour reformer unruban peigné dans tous les sens. Remarquons incidemment que cest en opérant surles filaments en quelque sorte isolés, que lauteur a pu se passer de linterventionde certains éléments auxiliaires, indispensables à tous les autres procédés, et peignerla laine, par exemple, sans le secours de la chaleur.

Les propriétés de la machine sont telles , que les fibrilles les plus courtes , mêléesaux impuretés constituant les étoupes, les blousses, ou les déchets du coton réservésjusquici à laction de la carde, peuvent être peignées désormais.

Cette faculté toute nouvelle de travailler, avec un égal succès, des filaments dunelongueur quelconque, non-seulement des matières usuellement peignées, mais aussicelles qui navaient été transformées de la sorte avant linvention Heilmann, a eudes conséquences inespérées pour lindustrie. Des rebuts sont devenus ainsi propresaux fils les plus estimés.

Linventeur range, par le fait, toutes les substances textiles en un certain nombrede catégories basées sur les longueurs, et pour lesquelles il établit autant de typesou formats de démêloir et de peigneuse. Le volume des organes, le règlement etlamplitude des mouvements sont nécessairement en rapport avec les dimensionsdes fibres à ouvrer.

La supériorité du système nouveau sur ceux qui lont précédé est si tranchée, queson emploi a été le point de départ dune phase nouvelle de progrès dans les artstextiles en général.

Le génie de Heilmann paraît sêtre résumé dans cette dernière œuvre de sa vie.Des démonstrations géométriques aussi neuves quingénieuses en exposent le prin-cipe; plusieurs solutions élégantes et sûres, et des combinaisons de détails duneprécision mathématique, en assurent la réalisation.

Le succès inouï de la nouvelle méthode de peignage a provoqué les recherches,et fait surgir de nombreux essais; mais jusquici, ou leurs résullats sont moins par-faits et moins généraux, ou les moyens participent de ceux de Heilmann.

Par le caractère de sa dernière invention comme par lensemble du progrès quelindustrie lui doit, Josué Heilmann est le digne continuateur des Vaucanson, desJacquard et des de Girard.

Son œuvre, après avoir traversé les phases plus ou moins pénibles réservées sur-tout aux grandes découvertes, fait aujourdhui le profit de toutes les nations indus-trielles du monde. Il fut plus heureux cependant que la plupart de ses devanciers.A peine la contrefaçon crut-elle pouvoir se produire au loin, que les tribunaux enfurent saisis. La justice anglaise nhésita pas entre le devoir et un faux amour-proprenational; elle constata, dune manière éclatante, les droits de linventeur français