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Tome onzième
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PUBLICATION INDUSTRIELLE.

En Autriche , on se sert exclusivement du rabot muni dun fer particulier, construitpar louvrier chargé de débiter le bois. Ce fer ressemble à une mèche ordinaire;seulement, à la place du tranchant, son extrémité inférieure se termine par unepartie recourbée. On ménage dans cette partie trois, quatre ou cinq trous cylin-driques quon perce doutre en outre, à laide dun foret à archer. Le fer le plusconvenable paraît être celui à trois trous. Ces ouvertures deviennent, par le travailde la lime, les emporte-pièces qui doivent pénétrer le bois et le débiter en petitesbaguettes cylindriques. On fait varier la forme de ces trous avec lespèce de tigesquon veut obtenir. Le débitage du bois se fait en dehors des usines, dans lesforêts mêmes.

Dans les autres pays les fabricants ne sapprovisionnent pas de petites baguettespréparées en Autriche , on se sert de machines spéciales pour fendre le bois. Cedébitage se fait dans des ateliers séparés de la fabrique dallumettes. En France ,le bois le plus employé est le tremble , qui est léger et facile à fendre. On y utiliseégalement le bouleau , qui est plus lourd et donne de meilleurs produits mais dunprix de revient supérieur à ceux du tremble. Avant de couper le bois, on le dessècheau four, on le scie ensuite en troncs de cylindres qui sont débités en tiges carréesou cylindriques. Comme les fibres du bois de tremble et de bouleau ne sont pasdroites, les tiges coupées, carrées ou rondes, nont guère des fils dépassant enlongueur deux fois le diamètre de celles-ci, ce qui rend ces tiges très-sujettes à secasser lors du frottement quon exerce pour allumer la pâte phosphorée. On évitecet inconvénient en prenant lallumette le plus près possible du bout; mais, dansce cas, on risque de se brûler les doigts. Certaines allumettes carrées, en boisléger, qui se trouvent dans la consommation parisienne, présentent ce défaut desolidité à un degré très-prononcé. Le fragment dallumette qui se détache tombesouvent à terre, quand il a déjà pris feu, ou bien sil nest pas allumé, il senflammepar le frottement involontaire du pied; dans lun ou lautre cas, les risques din-cendie sont évidents. On ne peut se le dissimuler, il y a un danger réel, et auquelil importe que lautorité publique, si vigilante à Paris , porte remède.

Grand nombre dusines dAngleterre, de Belgique , de Danemark , de Prusse ,de Saxe, de Suède , font venir de lAutriche et de la Forêt Noire du Wurtem-berg les petites baguettes faites au rabot. On les découpe ensuite en tiges dallumettes.

Mise en presse. Pour que le bout de chaque tige dallumette puisse recevoirdabord le soufre, puis la pâte phosphorée, il est indispensable de les tenir isoléesles unes des autres ; on arrive à ce résultat par la mise en presse.

A cet effet, une ouvrière, car cest presque toujours une femme qui exécute cetravail, prend dans sa main un certain nombre dallumettes, et elle les éiend rapi-dement sur une planchette à crans, disposée de telle sorte que chaque cran, creuséun peu en biais, retient une allumette; elle prend aussitôt de son autre main uneautre planchette semblable, et elle en recouvre la première, puis elle étend de nou-veau ses allumettes; chaque planchette présente à son revers deux bandelettes deflanelle collées dans le sens de sa longueur, et destinées à maintenir les allumettesquelle recouvre; ces planchettes ainsi garnies, se superposent et se fixent les unessur les autres, en remplissant lespace laissé entre deux baguettes rondes et verticales,taraudées à leurs sommets, qui reçoivent les planchettes par les deux trous quona ménagés à leurs extrémités. Lorsque ce châssis est rempli par vingt ou vingt-cinqplanchettes superposées, on les fixe toutes au moyen dune dernière planchette pleine,qui est assujettie par des vis. Cest le procédé autrichien, qui est exécuté de la