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PUBLICATION INDUSTRIELLE.
rapport au plan horizontal, et par suite les tiges de piston sont à angle droit, pourcommuniquer leur action à l’arbre de couche unique situé au-dessus. Ces machinespeuvent, à volonté, marcher ensemble ou séparément, suivant le travail que l’onveut faire; chacune d’elles peut donner 50 chevaux de force au besoin, ou seule-ment 20 à 25; elles fonctionnent à la vitesse moyenne de 80 révolutions par minute.
Les forges, qui ne sont destinées qu’à la confection des pièces en réparation,comprennent plusieurs grands foyers doubles, des marteaux à vapeur dont les bâtissont évidés, des cisailles, découpoirs, ventilateurs et soufflets de réserve.
L’atelier de montage, très-considérable, est fort bien disposé pour recevoir lesmachines en mauvais état, démonter les pièces et les remettre en place. Il est aussitraversé en tous sens par des chemins de fer sur lesquels on fait également promenerles grues à chariot. Il est complété par la chaudronnerie, qui avant peu comprendratout l’outillage nécessaire.
On ne peut s’empêcher d’admirer, surtout, les magasins qui reçoivent les pièces derechange et l’ordre parfait qui y règne, ce qni, malgré leur étendue, permet dereconnaître d’un seul coup-d’œil la place et le nombre de chaque objet. Or, les articlessont très-variés; ils comprennent toutes les parties détachées de la locomotive, dutender et du wagon, depuis les pistons et les cylindres à vapeur avec leurs boîteset tiroirs de distribution jusqu’aux tampons, aux ressorts, aux chaînes, aux bou-lons et autres ferrures, excepté, toutefois, les roues, les essieux et les bandages quisont dans la cour, rangés par catégorie.
Tous ces articles sont d’ailleurs exécutés avec une précision telle qu’ils s’appli-quent indifféremment à toutes les machines d’une même série : ainsi un cylindre àvapeur, une bielle motrice, un piston, etc., venant à manquer à une locomotive,peut être immédiatement remplacé et permet de la remettre en service en très-peude temps.
Nous avons encore vu avec beaucoup d’intérêt, dans les bureaux de M. Delpech,des tableaux fort curieux qui montrent constamment l’état de situation et le par-cours total de toutes les machines locomotives depuis leur entrée au service, annéepar année, et mois par mois. Chaque série de machines, indiquée en tète du tableaupar un numéro d’ordre, correspond à des colonnes verticales que l’on teinte, men-suellement, d’une couleur rose (ant que la machine reste au service, d’une couleurbleue lorsqu’elle est en réparation, et d’une couleur jaune quand elle est disponible.A la fin de chaque mois, on fait l’addition du parcours, et l’on sait ainsi que tellemachine a produit depuis son premier jour de marche tant de mille kilomètres, quetelle autre est restée dans les ateliers pendant tant de jours ou tant de mois, etc.
Cette indication, qui parait appliquée aujourd’hui sur quelques grandes lignes,devrait être, selon nous, adoptée par tous les chemins de fer ; car elle est vraimentprécieuse par les observations pratiques qu’elle permet de faire journellement.