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MACHINES A ESTAMPER ET A EMBOUTIR LES MÉTAUX.
coups et deux recuits. Les formes rondes, sphériques et particulières sontobtenues dans des matrices analogues ; mais ces dernières formes émanentdes plats, des coupes et des casseroles.
Il résulte, de l’examen de ce brevet, que, ce qui distingue le mode d’em-boutissage breveté en faveur de M. Japy fils, c’est le serrage de la pièce àemboutir au moyen de bagues. On remarque que, pour opérer ce serrage,les procédés employés sont plutôt manuels que mécaniques, ce qui lesrend très-longs, puisqu’il faut entre chaque descente du poinçon le tempsnécessaire au serrage et au desserrage de plusieurs vis et au placement etdéplacement des bagues et de la pièce à emboutir. Nous verrons plus loin,en examinant les brevets de MM. Karcher et Westermann, Rémond,Héthérington et Gomme et Beaugrand, comment, en suivant la même idéeet pour atteindre le môme but (qui est, comme nous l’avons dit, d’obtenirles pièces sans plis), on est arrivé à maintenir la pièce en travail au moyend’une plaque de serrage fonctionnant mécaniquement par la môme trans-mission de mouvement qui actionne le piston emboutisseur.
Le second brevet que nous allons examiner est celui de M. Palmer, in-génieur-mécanicien à Paris , dont les intéressants travaux sur l’emboutis-sage et l’étirage des métaux ont été si justement récompensés, à l’Exposition universelle de 1855, par sa nomination au grade de chevalier de la Légiond’honneur.
M. Palmer s’est fait breveter en France le 25 novembre 1848 ; il a ajoutéà cette première demande six certificats d’addition dont le dernier datedu 13 mars 1852. Sans entrer dans de grands détails sur les perfectionne -ments et modifications successifs que l’auteur a fait subir à son systèmed’emboutissage, nous allons décrire le principe sur lequel il repose, ainsique celui des machines spéciales qu’il a imaginées pour mettre son sys-tème en pratique.
Les balanciers en usage ont une course limitée qui ne permet pas deles utiliser à l’emboutissage des culots de grandes longueurs ; il en résultequ’il y a non-seulement difficulté de travail, mais encore déchet pour sou-mettre les culots, ainsi emboutis, à l’action du banc à étirer.
C’est à la fois pour simplifier le travail et diminuer les déchets que l'au-teur a combiné une machine qui, seule, remplace l’action du balancier etdu banc à étirer. Cette machine peut être disposée de deux manières,horizontalement ou verticalement; dans le premier cas, elle sert plusparticulièrement à emboutir les articles qui offrent une grande résis-tance, tels que tubes pour chaudières, réservoirs de lampes, corps de petitespompes, etc. ; dans le second, les objets de petites dimensions, tels queles porte-plumes, les cartouches, les coulants, les tubes rentrants pourlorgnettes et cannes, etc.
La machine horizontale se compose de deux plateaux extrêmes, disposésen regard sur un banc, et reliés par quatre tiges retenues invariablementpar des écrous.