Band 
Tome onzième
Seite
87
JPEG-Download
 

87

EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1855 .

La périodicité devrait être établie de façon que les Expositions ne se gênassentpas, et quon pût les retarder dune année quand elles viendraient à coïncider entreelles.

Les Expositions partielles ne feraient pas disparaître complètement les Expositionsuniverselles composées de tous les groupes. Seulement, comme ces dernières sont lerésumé des perfectionnements de toute une époque, mon sentiment est que ce concoursextraordinaire devrait se faire seulement tous les demi-siècles.

ORGANISATION FINANCIÈRE DES EXPOSITIONS FUTURES.

Pour compléter le programme des futures Expositions, telles que je les conçois, jevais examiner lorganisation financière à adopter.

Il faut maintenir le principe dun prix dentrée. Avec un tarif bien calculé et unesage économie dans la direction, je crois que les revenus dépasseraient les dépenses.Le budget de lExposition de 18S5 ne saurait être considéré comme un budget nor-mal, le chiffre des dépenses ayant été accru dans des proportions excessives pardes circonstances tout à fait exceptionnelles. Avec des dépenses bien moindres, onobtiendrait des résultats meilleurs ; mais il faudrait pour cela avoir le temps et lespacequi nous ont manqué.

Lorganisation la plus rationnelle serait de laisser la direction des Expositions àlinitiative des particuliers: cest le système suivi en Angleterre. Malheureusement,dans notre pays, lon croit quon ne peut rien faire sans le concours de lÉlat, lachose ne paraît pas possible, au moins au début de lentreprise. Il faudrait avoirrecours à une solution mixte, qui serait la désignation par lEmpereur dune com-mission spéciale prise en dehors des administrations publiques. Cette commission ,indépendante par lautorité direcle et la haute mission quelle tiendrait du Souve-rain, placée en dehors de la routine par les éléments dont elle serait composée ,réunirait tout à la fois et le prestige, qui ne sobtient en France que par la délé-gation du pouvoir, et lesprit dinitiative, qui ne se trouve guère queu dehors desadministrations.

Chez nous, il faut lavouer, on est toujours placé entre deux écueils: ladministra-tion, qui sinspire trop souvent de la routine et qui fait chèrement, et les particu-liers, qui ne font pas du tout. Il ny a pas, du reste, à songer à trouver en dehors delÉtat des ressources suffisantes. En France , les capitaux manquent souvent de har-diesse, ou bien, quand ils se décident à entrer dans une affaire, la moralité et lin-telligence leur font fréquemment défaut. Pour leur inspirer lenvie de se risquer dansune entreprise de ce genre, il faut donc que l'expérience ait prouvé que cest un bonet solide placement. Alors seulement on pourrait faire appel à une compagnie réu-nissant des éléments sérieux, qui aurait la direction permanente des Expositions. Lacommission gouvernementale pourrait être ainsi une transition naturelle à l'entre-prise privée. Car cest ma conviction intime que lÉtat doit faire le moins possible, etque son rôle doit se borner, dans certains cas comme celui-ci, à exciter les particu-liers à faire par eux-mêmes.

OU LES EXPOSITIONS UNIVERSELLES SONT POSSIBLES.

La pratique a, je crois, résolu la question de savoir les Expositions universellessont désormais possibles. Le lieu naturel dune Exposition est la capitale dun payssusceptible dy apporter par lui-même un grand contingent, et que sa position géo»