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Tome onzième
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PUBLICATION INDUSTRIELLE.

graphique et ses conditions morales fassent accepter par tous les peuples comme unemétropole. On a tenté des Expositions universelles en dehors rie ces conditions, àMunich , à Dublin et à New-York : elles ont échoué.

Je ne connais aujourdhui que deux villes qui réalisent lidée quon se fait dunesemblable métropole : Paris et Londres . Londres voit ariiver de tous les points dugiobe les productions les plus diverses; elle est pour un grand nombre darticles lecentre du commerce du monde entier. Paris est le foyer intellectuel sélaborent lesidées modernes ; glorieux privilège quil faut lui maintenir.

Cest un grand centre de population, et une place industrielle se fait un im-mense mouvement de capitaux. Paris est pour les sciences et les lettres un rendez-vous habituel; toute idée, comme tout talent, doit venir y prendre ses lettres denaturalisation. Notre langue est répandue partout. La position continentale rie cetteville en fait un centre de communication facile. Ajoutons que Paris est le séjour dunecolonie nombreuse détrangers quy appellent les affaires, le plaisir, létude, etc., quepar ses collections, ses musées, ses bibliothèques, il se prête plus quaucune autrecapitale aux travaux densemble sur lindustrie, les sciences et les arts; que parl'urbanité de ses mœurs, par son hospitalité envers les étrangers, notre capitale avéritablement un caractère cosmopolite.

Avant de salimenter au dehors, il faut quune Exposition ait son principe dexis-tence au dedans. Cela ne peut avoir lieu que dans un pays qui, par ses richesses etson industrie, soit lui-même un puissant noyau de production. Cest donc vér itable-ment à Londres et à Paris seulement que les Expositions universelles pourront réussir.

QUEL GENRE DE CONSTRUCTION CONVIENT AUX EXPOSITIONS UNIVERSELLES.

La question du bâtiment est si importante, que les dispositions purement maté-rielles sélèvent ici à la hauteur dune question de méthode. 11 sagit de faire quePaménagement soit un auxiliaire des études.

Et dabord, il est essentiel, indispensable, que le bâtiment soit construit en vuede lentreprise elle-même. Lépreuve a été faite : elle a coûté cher; mais elle na rienlaissé à désirer comme enseignement.

En second lieu, il faut non-seulement que les constructions comportent de vastesproportions, mais encore quelles puissent sagrandir à volonté. Quelque précautionquon prenne pour sassurer à lavance de lemplacement dont on aura besoin, il yaura toujours indécision et doute jusquau dernier moment. Les proportions arrêtéespour une année ne seront plus les mêmes pour les années suivantes. Il ne faut donc passonger, comme on la fait, à construire un bâtiment avec une enceinte déterminéenécessitant létablissement dannexes toujours incommodes. Il faut sarrêter à desconstructions très-légères, temporaires, appropriées aux besoins du moment; sinonon devra renoncer à donner à lExposition le caractère unitaire qui permet seul delétudier avec fruit.

Lédifice devra être établi de telle sorte que son aménagement se combine avec lesystème de classification. Jusquici, dans linstallation des produits, on semble nosêtre préoccupé que doffrir aux visiteurs un spectacle agréable. Tout au plus a-t-onsuivi dans larrangement et le groupement des masses exposées lordre géographique.Aus.-i lélude des Expositions a-t-elle été une véritable fatigue. Pour embrasser ungroupe ou une classe, il fallait, a Paris encore plus quà Londres , parcourir le Palaisdans tous les sens et chercher péniblement les produits éparpillés. On peut échapper