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Tome onzième
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MACHINES A PElGPiER.

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que les qualités de ces matières elles-mêmes : la force, la grosseur, lafinesse aussi bien que la longueur, influent notablement sur les quantitésrelatives de la filasse, des étoupes et du déchet; linfluence des climats,la nature des terrains, les rouissages, contribuent dune manière sensibleà rendre les fibres plus*ou moins fortes, plus ou moins cassantes, plus oumoins longues, fines, souples ou déliées. Il en résulte cette conséquenceremarquable, et que lon comprendra aisément : que la qualité des ma-tières textiles varie chaque année dans les mêmes localités selon les varia-tions de la température pendant lépoque sopère la croissance et lamaturité des plantes. Dun autre côté, la culture et le rouissage ne sopé-rant pas avec le même degré dintelligence par chaque cultivateur, il y aencore dans cette circonstance des variations très-notables. De sorte quilnest pas possible de déterminer à lavance un chiffre exact de la moyennedu rendement des lins ou des chanvres de telles ou telles localités pen-dant deux années différentes.

En général, les pays les lins produisent le plus de rendement enfilasse sont en premier lieu la Hollande, la Belgique et Bernay; viennentensuite les lins dIrlande , de la haute Picardie, du pays de Caux, de Per-nau et dArchangel ; les lins de la basse Picardie, de la Courlande , de laPrusse et de lAnjou sont ceux qui en donnent le moins. Les chanvres parordre de plus grand rendement sont : les environs de Bologne en Italie ,lAnjou, la Normandie , la Picardie, le Dauphiné et la Sarthe .

Lamélioration de la qualité des matières textiles par la culture, en pré-sence de laccroissement considérable des filatures mécaniques procurantau cultivateur un débouché certain, a fait de grands progrès en ce quilsagit des lins ; quant aux chanvres, malgré la supériorité de leurs fibres,qui sont plus résistantes aussi bien à la tension longitudinale quà laflexion angulaire, qui saltèrent moins à laction de lhumidité, à celle dela transpiration du corps de lhomme, comme à celle des lessives plus oumoins caustiques, produisent conséquemment pour léconomie domestiquedes toiles dune durée infiniment plus longue que celles fabriquées avecdes fils de lin; les chanvres, disons-nous, malgré leur richesse fibrillaire,nont pas rencontré, sous le rapport de leur culture les mêmes encoura-gements que les lins, nayant pas eu à satisfaire progressivement commeces derniers à des besoins manufacturiers.

La force fibrillaire des chanvres qui fait leur supériorité sur la plupartdes autres matières textiles a été précisément, pendant longtemps, unobstacle au traitement de cette matière par la mécanique.

Les fibrilles qui sont rattachées les unes aux autres pour former la filasseétant plus résistantes que celles du lin, la gomme qui les unit samollissantplus difficilement sous laction de leau chaude, lassemblage fibrillaire duchanvre, comme on le conçoit, présente une plus grande résistance à l'ac-tion de la division des fibrilles par les machines; d il sensuit que, pourfiler mécaniquement cette matière, il est nécessaire demployer des ma-