108
PUBLICATION INDUSTRIELLE.
Aussi, malgré cette double main-d’œuvre du dèbloqmge et du repassageexigée pour le peignage mécanique, on trouve encore avantage à employerdes machines. Cet avantage consiste principalement dans la supérioritédes étoupes obtenues par ces machines comparées à celles des peigneursà la main qui sont ordinairement plus grossières, et dans le prix de main-d’œuvre qui est moins élevé; mais un bon ouvrier peigneur donne tou-jours un résultat supérieur en brin. Somme toute, entre une bonne pei-gneuse mécanique et un bon ouvrier peigneur, il y a compensationcomme question économique, La difficulté de se procurer de bons pei-gneurs à la main est une des causes principales qui fait substituer le pei-gnage mécanique au peignage manuel. Quant aux lins coupés, la méca-nique doit être exclusivement appliquée à cet usage.
PRIX DES PEIGNEUSES MÉCANIQUES.
Le prix des peigneuses à quatre séries de peignes, comme celle repré-sentée sur les pl. 7 et 8, est de 3,500 francs, prise dans les ateliers du con-structeur, à Moulins-Lille, avec les pignons de rechange et les séries com-plètes de peignes, mais sans les tables sur lesquelles se couchent les pincespour les charger et les décharger.
Le prix de la peigneuse à six séries de peignes, qui est notablement plusgrande, est de 4,500 francs, y compris également les accessoires, maissans la commande ni les tables. M. Ward, en livrant de telles machines,annonce qu’elles peuvent peigner 400 kilogrammes de matière par journéede 12 heures. On a vu plus haut que le travail peut être très-différent.
APERÇU SOMMAIRE SUR LE RENDEMENT ET LA RICHESSE FIBRILLAIREDES CHANVRES ET DES LINS.
Nous avons dit que les lins, comme les chanvres, sont de qualité très-variable, suivant leur provenance, les localités d’où on les tire et la naturemême des terrains où ils sont cultivés ; aussi les quantités de longs brinset d’étoupes sont elles-mêmes extrêmement variables, et, par suite, la va-leur de la matière première plus ou moins élevée.
Ainsi, par exemple, les chanvres d’Italie qui ont jusqu’à trois mètres etplus de hauteur, sont beaucoup plus beaux et produisent plus de filasse etsensiblement moins d’étoupes que les chanvres d’Auvergne ou d’Anjouqui sont beaucoup plus courts, plus durs, et donnent en outre plus dedéchets. Aussi le filateur préfère-t-il souvent acheter des chanvres d’Italie ,dont les prix varient selont les qualités de 110 à 140 francs rendus au lieude fabrication, tandis que certains chanvres d’autres contrées ne coûtentque 85 à 110 francs.
Les rendements en filasse sont aussi variables dans les matières textiles