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PUBLICATION INDUSTRIELLE.
chine à raboter verticale de grandes dimensions, de MM. Mazeline frères,du Havre , et actionnée directement par une petite machine à vapeur. Nouscroyons que dans bien des cas une telle application de la vapeur peut êtreavantageuse, parce qu’on arrête le moteur dès que l’outil n’a plus besoinde fonctionner. On y fabrique les pièces de forge les plus difficiles, commedes étambots de navires en fer, de fortes plaques à surface gauche, despistons à nervures, etc., et souvent aussi les pièces les plus volumineuses,comme des arbres et des manivelles pour la marine.
Entre Rive-de-Gier et Saint-Chamond sont les aciéries de Lorette et d’As-sailly, où l’on produit journellement soit en feuilles, soit en barres detoutes dimensions, 20 à 24 tonnes d’acier sur commande.
Les applications de l’acier se multiplient tous les jours, comme on sait,et depuis que MM. Petin et Gaudet ont pris la direction de ces établisse-ments, ils en augmentent sans cesse la production. C’est ainsi qu’après avoirproposé de faire des tôles d’acier pour la confection des chaudières à va-peur, que l’on commence actuellement à adopter dans la marine et dansl’industrie, ils sont parvenus à fabriquer, avec la même facilité, des arbres,des essieux coudés, des bandages, des rails, etc., en acier fondu.
A cet effet, pour pouvoir obtenir des pièces d’un grand poids, ils ontmonté des fours perfectionnés qui, au lieu de ne contenir que de 2 àk creusets, en contiennent jusqu'à 8, 10 et 12, et sont chauffés au charbonde terre par un foyer spécial, au lieu d’être chauffés au coke, ce qui per-met de réaliser une économie notable sur le prix du combustible et sur lescreusets.
Avec ces fours, on a la faculté de couler de fortes pièces sans encom-brement et sans crainte de les manquer. Ainsi nous avons vu avec un vé-ritable plaisir, dans notre visite à ces usines, la fonte d’un arbre de1500 kilogrammes.
Cette opération, qui n’est pas sans danger, à cause de l’énorme chaleurque présentent les creusets et le métal bouillonnant qu’ils contiennent,doit se faire avec une grande célérité et sans confusion, afin de verserpresque simultanément toute la masse liquide dans la poche destinée à larecevoir et qui doit ensuite la verser dans le moule placé en dessous.
La disposition employée à cet effet nous a paru très-commode, d’unservice extrêmement facile, et qui ne présente jamais le danger que l’on aconstamment à craindre avec les poches ordinaires employées dans lesfonderies, et qu’il faut toujours renverser pour faire écouler le métal parle goulot supérieur.
Il est à remarquer que par l’emploi des anciens fours à deux creu-sets, chauffés au coke, on ne pouvait pas arriver à couler de très-fortespièces, comme celle que nous venons de mentionner, parce qu’alors il fal-lait mettre au feu 30 à 35 fours à la fois, et qu’il était difficile, pour ne pasdire impossible, de les conduire avec une régularité telle que l’on fût cer-tain d’arriver au degré de fusion au même moment; la distance à parcou-