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teurs à adopter la tôle en remplacement du bois. Nous citerons en pre-mière ligne M. IJurenne père, ancien constructeur de chaudronnerie àParis , qui, dès 1836, avait eu l’idée de construire une grue en tôle pourle service de ses ateliers; plus tard, en 1842, MM. Mazeline frères, duHavre , établirent sur le port de cette ville, pour le service des bâtimentsde l’État et des navires du commerce, la grande machine à mâter repré-sentée sur la pl. 3 du VI e vol. de ce Recueil. Cette machine, qui peut êtreconsidérée comme une grue de grande dimension et à longue portée pourélever des charges énormes, est composée principalement de deux co-lonnes ou bigues formées d’une suite de tambours cylindriques en tôle defer, de 70 centim. de diamètre, et réunis au moyen de cercles en fer.
M. Lemaître, ingénieur constructeur à Paris , dont nous avons publiéun grand nombre de travaux intéressants, établit en 1846, également surle port du Havre, une grande grue double en tôle qui, on doit se le rap-peler, a fait, à cette époque, l’admiration de tous les hommes compétentsdans les arts mécaniques.
Si malgré ces applications et d’autres encore, la tôle n’a pas été adoptéed’une manière générale, c’est un peu, nous le pensons, d’une part à causedes difficultés d’exécution que présentent certaines parties, et d’un autrecôté, parce qu’on n’était pas arrivé, sans complication, à combiner la fonteavec la tôle d’une façon à la fois simple, élégante, facile, et surtout écono-mique. Ce sont justement ces avantages que présente la nouvelle disposi-tion appliquée par M. Cavé.
Sans presque rien changer au corps proprement dit de son système degrue, qui se compose toujours d’une forte colonne en fonte munie dutreuil, et mobile sur un pivot inférieur, tandis que la partie supérieure estmaintenue par un système de double galet, M. Cavé a remplacé le bras enchêne avec sa jambe de force également en bois, par une sorte de pou-trelle en tôle reliée par des tirants en fer entretoisés. Cette poutrelle secompose de feuilles de tôle cintrées, formant deux demi-cylindres quiprésentent des rebords méplats réunis par des rivets sur toute la hauteur ;cette réunion des deux feuilles de tôle forme deux espèces de nervuresqui donnent une force de résistance considérable à la poutrelle, parce queces nervures sont placées de champ, de façon que l’effort du poids sus-pendu à l’extrémité de la grue a lieu suivant la hauteur de la tôle.
La seconde application est de M. Lebrun, ingénieur de la compagnie desétablissements Cavé, qui a eu l’obligeance de nous donner tous les rensei-gnements nécessaires sur la construction, les résultats pratiques et les par-ticularités distinctives de l’ensemble et des détails de cette nouvelle grue.
La disposition imaginée par M. Lebrun n’est pas positivement l’applica-tion d’un cylindre à vapeur mobile avec la grue, mais c’est une combinaisonqui rend cette application facile et commode, en offrant toutes les garan-ties de solidité, d’élégance et de bonne construction.
Cette combinaison a pour but de faire arriver la vapeur provenant d’un