GRUE A VAPEUR.
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générateur fixe, dans le cylindre mobile, tournant avec le corps même dela grue.
En effet, comme la chaudière est indépendante et peut être placée à unedistance quelconque de l’appareil, et que le cylindre au contraire sedéplace et tourne avec lui sur son pivot, il s’ensuit que le tuyau d’arrivéede vapeur, qui ne peut suivre ce mouvement et qui pourtant doit établir lacommunication entre la chaudière et la grue, doit être assemblé avec cettedernière, de façon à ne pas empêcher son mouvement et à permettrel’introduction constante de la vapeur, quelle que soit d’ailleurs la positiondu bras auquel est suspendu le fardeau.
M. Lebrun a résolu ce problème d’une manière très-heureuse, en faisantcommuniquer le tuyau de vapeur avec une sorte de manchon fixe d’unefaible hauteur qui entoure l’arbre creux de la grue. Ce manchon présenteintérieurement une capacité annulaire dans laquelle se rend la vapeur.Cette capacité est mise en communication avec un canal fondu avec l’arbrecreux, de sorte que, quelle que soit la position de cet arbre, l’orifice d’en-trée du canal est toujours en communication avec la capacité annulaire dumanchon dans lequelle il tourne, tandis que son orifice de sortie, qui estmuni d’un tuyau correspondant avec la botte de distribution, peut constam-ment fournir au cylindre la vapeur nécessaire au mouvement de va-et-vient du piston.
Avant de décrire plus complètement la disposition imaginée par M. Le-brun, nous croyons utile, pour en mieux faire ressortir l’originalité, demontrer les moyens employés par d’autres constructeurs pour atteindre lemême but.
L’application aux grues d’un moteur plus puissant que la force humaine,la plus généralement employée, n’est pas nouvelle, comme on sait; nousciterons pour mémoire les grues hydrostatiques de M. Armstrong, celles deM. Hagues en Angleterre et de M. Claparède en France . Ces dernières sontactionnées par la pression atmosphérique qui agit sur un piston renfermédans un cylindre, tandis qu’à l’aide d’une pompe pneumatique, mue parune machine à vapeur, on fait le vide au-dessous du piston. On peut voirà ce sujet le dessin et la description que nous en avons donnés dans le Génieindustriel, x e volume, page 331.
M. Voruz aîné, de Nantes , avait envoyé en 1855, à l’Exposition univer selle , une grande grue que l’on pouvait manœuvrer soit à bras soit parune presse hydraulique. Dans cette grue, une petite machine à vapeur ditepeut cheval, fait marcher directement une pompe dont la tige est dans leprolongement même de celle du piston de la machine, et c’est cette pompequi, injectant de l’eau dans le cylindre principal, forme le corps de lagrue, soulève le piston de ce corps de pompe, et, avec lui, une largecrémaillère qui agit directement sur l’un des rouages de la grue.
Comme nous ne voulons nous occuper ici que de l’application directede la vapeur, nous nous contenterons de signaler les quelques disposi-