MACHINE A RABOTER LES MÉTAUX.
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Cet outil est fixé avec son porte-outils au moyen d’une clavette en fer,engagée dans une ouverture rectangulaire pratiquée horizontalement dansla partie renflée, qui termine le porte-outil. Jusqu’ici l’ensemble de ce der-nier n’offre rien de particulier; ce qui le distingue des porte-outils ordi-naires, c’est que la face dressée des deux joues latérales dont la plaque Aest munie, reçoit les deux empattements d’une sorte d’étrier en fonte E,qui supporte le second porte-outil f, garni de son outil F.
Ce porte-outil est relié par trois petites vis à un écrou en fer e. traversépar une tige filetée que l’on peut faire mouvoir à l’aide du volant à mainG. L’écrou e est forgé avec deux petits bras qui pénètrent à droite et àgauche, dans deux rainures pratiquées verticalement dans l’épaisseur del’étrier, de sorte que le porte-outil peut monter ou descendre dans celui-ci, et qu’il est parfaitement guidé dans ce déplacement.
On voit donc que, comme nous l’avons dit, les deux porte-outils sontsolidaires, et que pourtant la position de chacun des outils en particulierpeut être réglée à volonté par rapport à l’autre, de façon que celui qui faitla première passe puisse enlever une épaisseur de métal facultative et quele second, en pénétrant plus profondément, eniève la couche totale de lasurface à dresser.
On doit comprendre que, quand l’outil F est dans la position indiquéefig. 9 et que le chariot de la machine à raboter marche dans le sens de laflèche de droite x, cet outil est en prise, et que l’autre D n’agit pas; ilglisse simplement sur la surface rugueuse en oscillant autour du boulonengagé dans la charnière c. Quand, au contraire, le chariot marche en sensinverse, dans le sens de la flèche de gauche x' le porte-outil d s’appuie conti’ela plaque A, et l’outil D agit à son tour, tandis que celui F, oscillant entreles deux branches de l’écrou e, s’incline et glisse sans attaquer le métal.
Au moyen de cette disposition particulière de porte-outils, assez simplecomme on le voit, et qui peut s’appliquer à presque toutes les machines àraboter en usage, on fait donc agir alternativement les deux outils à chaquechangement de marche de la table, et par suite on obtient ainsi d’unemanière continue le rabotage de la surface à dresser; conséquemment avecle même matériel et une même force motrice, on obtient un résultat, sice n’est double, du moins beaucoup plus considérable et par suite unegrande économie de main d’œuvre, sans augmenter sensiblement les fraisde construction de la machine.
Ce double porte-outils fonctionne avec avantage, depuis plusieurs mois,dans les ateliers de MM. Fauconnier et Durant.
Disons, en terminant, qu’un mécanicien intelligent, M. Devillez, qui s’estaussi occupé de ce genre de machine, a imaginé un mécanisme fort simplede double porte-outil pour lequel il s’est fait breveter le 2 décembre 1857,et que l’on peut de même appliquer très-avantageusemeut sur différentesraboteuses.