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Tome onzième
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CHAÎNES-LABIES EN FER.

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usine. Il serait en outre nécessaire, ajoutait-il, quaprès dis ou douzeannées de navigation, les chaînes de mouillage fussent éprouvées ànouveau.

A cette lettre, M. le ministre fit à M. David la réponse suivante, datéedu 23 juin 1855 :

« Les expériences répétées dans votre usine depuis 1831 vous portent à croirequune chaîne de mouillage ne réunit les conditions dune bonne solidité, quautantquelle peut résister à une charge de 21 kilogr. par millimètre carré du double de lasection du fer. Vous proposez, en conséquence, de soumettre toutes les chaînes delespèce à cette pression, et de faire renouveler lépreuve tous les dix ou douze ans.

« Jai appelé sur ces observations lattention de M. le ministre de la marine enle priant dexaminer la suite quil conviendrait dy donner.

« M. lamiral Hamelin vient de me faire connaître quil a prescrit de nombreusesexpériences à la forge de la Chaussade, et que les résultats suivants ont été con-statés :

« 1° Lépreuve de 17 kilogr., comme celle de 20 ou 21 kilogr. par millimètre carréde la section de la maille, ne suffisent pas pour constater le bon travail des chaîneset la bonne qualité des fers employés;

« 2° Lépreuve de 20 ou 21 kilogr. ne saurait être répétée plusieurs fois sur leschaînes sans altérer leur qualité;

« 3° La différence deffet entre diverses presses peut induire en erreur sur la va-leur absolue de la tension, ce qui ressort dessais comparatifs faits entre des chaînessortant des ateliers de M. David et celles des forges de la Chaussade ; on a mêmeremarqué que parmi les premières, qui avaient supporter au Havre une tractionde 20 ou 22 kilogr. par millimètre carré, un grand nombre détais demeurés intactsse sont cependant rompus sous un effet de 20 kilogr. à la presse de Guérigny .

« De lensemble de ces résultats il résulte, dune part, limpuissance dune trac-tion plus forte que celle qui est en usage à la Chaussade pour signaler laigreur dufer et les imperfections du travail, et de lautre, le danger de laugmenter. Cest doncdans un régime bien entendu de fabrication quil faut chercher la sécurité quondoit attendre de produits aussi importants. On devrait donc exiger en dehors desépreuves :

« Le choix scrupuleux du fer sous le rapport de sa qualité spéciale à cette fabri-cation ;

« La visite minutieuse des mailles après lépreuve ; -

« La rupture par écrasement des mailles douteuses;

« Le choix des ouvriers les plus capables du travail desquels on soit sûr.

« Mais de telles obligations ne sauraient être imposées au commerce, elles nepourraient être obtenues que dans les ateliers de lÉtat.;

« M. le ministre de la marine émet en conséquence lavis quil serait très-diffi-cile daffranchir le commerce des chances défavorables qui naissent de la concur-rence dans la fabrication des chaînes-câbles, puisque la seule chose que lon pour-rait réglementer ce serait lépreuve à la presse, qui cependant nest pas concluante.

« Je ne puis, Monsieur, que partager celte opinion. Cest aux armateurs à se pré-munir contre les dangers dune mauvaise fabrication, en imposant à leurs fournis-seurs lobligation de soumettre les câbles-chaînes quils leur achètent à toutes lesépreuves susceptibles den faire ressortir la solidité. Mais le gouvernement ne saurait