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passage de la chaleur de la source calorifique plus chaude qui émet lachaleur, au condenseur plus froid qui la recueille définitivement. M. Cla-peyron a développé par le calcul l’hypothèse de Carnot, et il a fait voirque les quantités de chaleur gagnées ou perdues par un même gaz ne dé-pendent plus alors uniquement de son état initial et de son état final,mais encore des états intermédiaires par lesquels on l’a fait passer.
La théorie mécanique de la chaleur a repris faveur depuis quelques an-nées et elle occupe en ce moment un grand nombre de géomètres. Maison a fait subir au principe de Carnot une modification importante : on aadmis que la chaleur peut être transformée en travail mécanique et queréciproquement le travail mécanique peut se transformer en chaleur. Dansla théorie de Carnot, la quantité de chaleur possédée par le fluide élas-tique à son entrée dans la machine se retrouve en entier dans le fluideélastique qui en sort, ou dans le condenseur; le travail mécanique est pro-duit uniquement par le passage de la chaleur de la chaudière au conden-seur en traversant la machine. Dans la nouvelle théorie, cette quantité dechaleur ne se conserve pas tout entière à l’état de chaleur ; une portiondisparaît pendant le passage de la machine et le travail moteur produit est,dans tous les cas, proportionnel à la quantité de chaleur perdue. Danscette théorie, pour obtenir d’une même quantité de chaleur le maximumd’effet mécanique, il faut s’arranger de manière à ce que cette perte dechaleur soit la plus grande possible, c’est-à-dire que la force élastique queconserve la vapeur détendue au moment où elle entre dans le condenseursoit la plus faible possible. Mais en tout cas, dans la machine à vapeurd’eau, la quantité de chaleur utilisée pour le travail mécanique ne seraqu’une très-petite fraction de celle qu’on a été obligé de communiquer àla chaudière. Dans une machine à vapeur à détente sans condensation, oùla vapeur pénètre sous une pression de 5 atmosphères et sort sous lapression de l’atmosphère, la quantité de chaleur possédée par la vapeur àson entrée est, d’après les expériences de M. Régnault, de 653 unités en-viron ; celle qu’elle retient à sa sortie est de 637. D’après la théorie qu’ilexpose, la quantité de chaleur utilisée pour le travail mécanique serait653 — 637 = 16 unités, c’est-à-dire seulement 1/40 de la quantité de cha-leur donnée à la chaudière. Dans une machine à condensation recevant dela vapeur saturée à 5 atmosphères et dont le condenseur présenteraitconstamment une force élastique de 55 millimètres de mercure, la quan-tité de chaleur de la vapeur entrante serait de 653 unités, et celle que lavapeur possède au moment de la condensation, c’est-à-dire où elle estperdue pour l’action mécanique, est de 619 unités. La chaleur utiliséeserait de 34 unités, un peu plus que 1/20 de la chaleur donnée à la chau-dière.
On obtiendra une plus grande fraction de chaleur utilisée pour le tra-vail mécanique, soit en suréchauffant la vapeur avant son entrée dans lamachine, soit en abaissant autant que possible la température de la con-