(Sensation. Mais ce dernier moyen est difficile à réaliser en pratique; ilforcerait d’ailleurs à augmenter considérablement la quantité d’eau froidedestinée à opérer la condensation, ce qui dépense du travail moteur, etl’on ne pourrait fournir à l’alimentation de la chaudière que de l’eau très-peu échauffée. On arrivera plus facilement au môme but en faisant subirune détente moindre à la vapeur d’eau dans la machine et en condensantcette vapeur par l’injection d’un liquide très-volatil, comme l’éther ou lechloroforme. La chaleur possédée par la vapeur d’eau au moment de cettecondensation, et dont une très-petite portion seulement aurait pu êtretransformée en travail mécanique, passe dans le liquide plus volatilqu’elle transforme en vapeur sous haute pression.
Dans les machines à air, où la force motrice est produite par la dilata-tion que la chaleur fait subir au gaz dans la machine, ou par l’augmenta-tion qu’elle détermine dans sa force élastique, le travail moteur produit àchaque coup de piston serait toujours proportionnel à la différence desquantités de chaleur possédées par l’air entrant et par l’air sortant, c’est-à-dire, en définitive, à la perte de chaleur que fait l’air en traversant lamachine. Théoriquement, dans ces dernières machines, toute la chaleurdépensée est utilisée pour le travail moteur, tandis que dans la meilleuremachine à vapeur d’eau la chaleur utilisée pour le travail mécanique n’estpas le 1/20 de la chaleur dépensée.
CAPACITÉS CALORIFIQUES DES FLUIDES ÉLASTIQUES.
On peut définir la chaleur spécifique des fluides élastiques de deux ma-nières différentes : dans la première, on appelle chaleur spécifique dufluide élastique la quantité de chaleur qu’il faut communiquer à un gazpour élever sa température de 0 à 1 degré, en le laissant se dilater libre-ment, de manière à conserver une élasticité constante ; dans la seconde,c’est la quantité de chaleur qu’il faut lui donner pour élever sa températurede 0 à 1 degré, en le forçant à conserver le même volume, sa force élas-tique augmentant.
La première de ces capacités a été appelée chaleur spécifique du gazsous pression constante; la seconde a été nommée chaleur spécifique sousvolume constant. La première définition coïncide seule avec celle que l’ona admise pour la capacité calorifique des corps solides et liquides ; c’estaussi la seule qui s’est prêtée jusqu’ici à une détermination expérimentaledirecte.
Un grand nombre de physiciens se sont occupés, depuis un siècle, de larecherche des chaleurs spécifiques des fluides élastiques. Les conclusionsauxquelles ils sont arrivés sont en général très-erronées.
Le travail de Delaroche et Bérard, qui fut couronné en 1813 par l’Aca-démie, est encore aujourd’hui le plus complet sur cette matière, et celuidont les résultats s’éloignent le moins de la vérité. Celte supériorité tient