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NAVIRES A COQUE DE FER.
on brosse à l’intérieur et à l’extérieur toutes les parties en fer, on passeune couche d’huile mêlée de térébenthine, puis une nouvelle couche depeinture au minium. Un peu avant le lancement, on donne une nouvellecouche de minium sur la carène.
Il convient, quoique cela se fasse peu, de renouveler la peinture au mi-nium de la carène une fois par an. La plupart des navires restent quatreou cinq ans sans nouvelle peinture. Quelques constructeurs ont imaginéde goudronner les coques en fer.
Un point remarquable, c’est que la corrosion des rivets est bien moinsgrande que celle des chevilles en fer servant à relier les pièces des coquesde navires en bois. L’expérience a démontré que, soit par suite de l’acidedu bois, soit par une autre cause, le fer sur fer s’oxyde moins que le fersur bois.
Du reste, l’oxydation se produit, comme nous l’avons dit plus haut,d’une manière uniforme, et les rivets conservent une forme proportion-nelle à l’épaisseur des tôles.
La corrosion de l’intérieur des tôles, de la membrure, des barrots , etc.,est presque nulle. En outre, l’intérieur de la cale se conserve beaucoupplus propre que dans les bâtiments en bois ; il est exempt d’exhalaisonsfétides et de vermine ; dans les pays chauds, l’air y est continuellementrafraîchi par l’eau de la mer en raison de la conductibilité du métal.
La capacité intérieure, à même enveloppe extérieure, est sensiblementplus vaste dans des bâtiments en fer que dans ceux en bois, en raison dela moindre épaisseur de la carène.
On avait opposé à l’adoption des navires en fer, pour la marine, deuxobjections importantes : La boussole, disait-on, située au milieu d’unemasse de fer déviera et ne sera plus d’aucune utilité. En second lieu, cescarènes en tôle souffriront beaucoup plus de l’effet des boulets qui enarracheront des plaques entières, que les carènes en bois dans lesquellesle boulet pénètre en faisant un trou.
On est arrivé à parer au premier de ces inconvénients en compensant ladéviation qui se produit en réalité sur l’aiguille aimantée, le bâtiment de-venant lui-même un véritable aimant dont le pôle nord varie suivant laposition du navire par rapport au méridien de la terre; et à cet effet, il estimportant de ne pas changer la boussole de place, la déviation variantd’une place à l’autre du navire.
Quant à la seconde objection, l’expérience a démontré qu’elle était sansfondement. En effet, lorsqu’un boulet frappe la carène d’un navire en fer,soit au milieu d’une plaque du bordé, soit sur un joint même, le projectiletraverse en faisant un trou, sans arracher les rangs de rivets.
Le seul inconvénient que présentent les carènes en fer comparées àcelles en bois doublé de cuivre, est une plus grande saleté à l’extérieur,les coquillages s’y attachant plus volontiers.
Prix de revient des navires en fer. — En Angleterre, à Liverpool,