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Tome neuvième.
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MÉTIER MULE-JENNY SELF-ACT1NG. 151

(ancc. Le renvidage nest, comme pour les préparations, quune consé-quence de létat dans lequel la matière se présente.

Mais si le filage ne diffère pas des préparations par de nouveaux moyensemployés, il en diffère sensiblement par la manière de les appliquer. Léti-rage, dans les opérations préparatoires, na eu lieu que sur des quantitésassez considérables de rubans réunis, et sest réduit à un allongement ab-solu assez restreint; et la torsion, qui navait pour but que de leur donnerune cohésion suffisante pour pouvoir continuer leur travail, a par consé-quent été également limitée le plus possible.

Les mèches préparées, qui doivent être filées, présentent une cohésionsuffisante pour être amenées, sans difficultés, à tout leur allongement, ducoup, par un étirage considérable et une torsion assez grande pour pro-duire un fil rond, solide, et à môme de conserver parfaitement sa formecylindrique.

Quoique les différentes matières textiles, livrées aux métiers à filer parles machines à préparer, se présentent pour ainsi dire sous la môme forme,on ne peut cependant pas, dans létat actuel de lindustrie, effectuer lefilage indistinctement de la même manière sur toutes les substances, onest obligé de faire subir quelques modifications, soit aux machines em-ployées, soit aux filaments, afin de les présenter dans létat le plus conve-nable. Malgré limportance de ces modifications, les différents systèmes demétiers à filer en usage peuvent, moyennant quelques changements, êtreemployées au travail dune matière textile quelconque.

Pour faire comprendre la nécessité de certaines de ces modifications,indiquons de suite le lin, dont la transformation en fil, dune finesse ordi-naire , ne peut avoir lieu quen présentant les mèches imprégnées deauchaude à laction des cylindres étireurs, afin de dissoudre la gomme qui setrouve encore interposée entre les filaments de la mèche, et de subdiviserceux-ci en fibrilles plus petites, plus lisses, et présentant plus de facilité àlaction des machines, telles quelles sont généralement usitées.

Tous les métiers à filer employés peuvent être rangés en deux classesprincipales : les métiers continus et les métiers mull-jennys ou renvideurs .

Le métier continu est le plus ancien et le plus simple dans sa construc-tion. Son invention parait être due à Arkwright , qui donna à ce métier lenom de throstte (1). Néanmoins il est actuellement moins employé que lemull-jenny. Ce métier continu présente une grande analogie avec le bancà broches, dont nous avons donné une description très-complète dans levolume îv de cet ouvrage. L'étirage y a lieu de la même manière que danscet appareil, cest-à-dire au moyen dun certain nombre de paires de cy-lindres tournant avec des vitesses de plus en plus accélérées et faisant parconséquent allonger les mèches quon fait passer entre eux. La torsion esteffectuée par une broche à ailette et le renvidage a lieu autour dune bo-

( 1 ) Oict. des Arts el Manufactures.