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PUBLICATION INDUSTRIELLE.
bine tournant à une autre vitesse que l’ailette. On voit que les organes dece métier sont identiquement ceux que présente le banc à broches ; leursfonctions n’en diffèrent qu’en ce que celui-là opère incomparablement plusd’étirage et de torsion que les machines à préparer.
Nous nous proposons de donner prochainement une description détailléede ce métier continu, en môme temps que des perfectionnements qu’y aapportés M. Muller, de Thann , en y appliquant son système de broches àengrenages. Nous aurons aussi à parler du système de renvideur méca-nique qui est actuellement en construction dans les ateliers de M. Mullerfils. Ce système paraît être beaucoup plus simple que tout ce qui a été faitou proposé jusqu’alors dans ce genre de métiers.
Dans les métiers mull-jennys le travail est alternatif. Le renvidage n’esteffectué dans ces métiers que lorsque les cylindres étireurs ont fourni unecertaine longueur de mèche, qu’on nomme aiguillée, et qu’elle a été torduepour être transformée en fil. L’étirage et la torsion, qui sont commencéssimultanément, ne finissent pas toujours ensemble; assez souvent, surtoutlorsqu’il s’agit de produire des fils fins qui nécessitent une grande torsion,le mouvement qui la produit est continué après que celui pour l’allonge-ment a cessé, et le renvidage n’est commencé que lorsque le fil a reçu lenombre de révolutions qu’on doit lui imprimer.
Les métiers mull-jennys sont les plus généralement employés ; ce sontles machines par excellence pour les produits fins; aussi sont-ils en usagepartout pour le coton et les laines, mais on n’a pu encore les appliquer autravail du lin et du chanvre. Les métiers à mouvement continu sont enusage exclusivement pour le filage du lin et du chanvre, et pour certainsfils de coton ; on ne s’en sert jamais pour la laine.
Quant à la soie, ce que l’on nomme généralement filage n'étant qu’unretordage , les machines dont nous venons de parler deviennent complète-ment inutiles.
Le métier mull-jenny a été inventé en 1775 par Samuel Crompton , au-quel le parlement d’Angleterre accorda une gratification de cent millefrancs, en récompense du service que cette belle invention rendait à l’in-dustrie. L’invention du mull-jenny remplaçaitavantageusement le spinning-jenny, ou simplement jenny, dont on a fait le nom français de jeannette,et dont l’invention est généralement attribuée à Hargreave en 1767, et parquelques personnes à Highs.
Le métier mull-jenny a naturellement été perfectionné depuis son inven-tion ; néanmoins toutes les recherches auxquelles il a donné lieu jusqu’àprésent n’ont amené que des changements dans les détails et dans la ma-nière de faire mouvoir les organes. Ces derniers sont restés constammentee qu’ils étaient lors de l’invention des premiers métiers. On est parvenu àles utiliser d’une manière plus avantageuse en améliorant leur construc-tion, mais la conception primitive est restée la môme, La môme observa-tion s’applique aux métiers continus.