COMBUSTIBLES ARTIFICIELS.
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ajusté au-dessus des lumières du cylindre et renfermé dans la boite d’ad-mission X. Il fait alors glisser ce tiroir soit à droite soit à gauche, pourintroduire la vapeur dans le cylindre, tantôt sur une face du piston, ettantôt sur l’autre.
Nous supposons, sur le dessin, fig. 3, que le tiroir est dans une positionintermédiaire qui laisse l’intérieur du cylindre à droite du piston en com-munication avec l’extérieur, par la lumière l et l’échappement m, ce qui apermis à la vapeur admise un instant auparavant de s’écouler au dehors.
Or cette vapeur, pendant l’admission, a poussé le piston de droite àgauche, ce qui, par suite, a obligé le fouloir de gauche F', à marcher demême et à repousser la substance agglomérée qui remplissait la boîte ali-mentaire G', dans la matrice correspondante J', et par conséquent à rem-plir tous les moules, en s’arrêtant justement contre les dégorgeurs g', quileur forment une espèce de faux fond.
Mais pendant ce temps l’autre fouloir F, qui se trouve à droite de l’appa-reil, s’est reculé et a laissé l’intérieur de la boîte G libre. L’ouvrier placéde ce côté a pu faire pivoter le porte-moules J sur lui-même, afin de luifaire prendre la position verticale indiquée, puis en s’appliquant sur l’extré-mité du grand levier S, il a forcé les repousseurs g à descendre, et à chas-ser les boudins que contient chacun des moules J, dans la bassine ou boîteen tôle Z qu’un enfant emporte aussitôt pour les mettre à l’étuve.
Lorsque le piston est arrivé à l’extrémité de sa course, l’ouvrier faitremonter le porte-moules J, et l’enfant vient immédiatement verser unenouvelle quantité de matière dans la trémie de la boîte G, et le conducteurpousse le tiroir dans la position extrême, pour découvrir la lumière V etfaire admettre la vapeur à gauche du piston. L’ouvrier placé à gauche del’appareil fait basculer à son tour le porte-moules J', puis, dès qu’il estvertical, il appuie sur le grand levier S' pour refouler les boudins et lesfaire tomber de même dans une seconde boîte en tôle Z', disposée au-des-sous et qu’un enfant enlève également en la remplaçant par une autre.
Le travail peut se continuer ainsi pendant des heures entières, sansautres intermittences ou moments d’arrêts que l’instant nécessaire pourchanger les organes principaux de position. Mais il faut habituellementtrois hommes et deux enfants pour que les opérations s’effectuent très-régulièrement et avec le moins d’interruption possible.
Gomme la marche rectiligne du piston est assez rapide, et qu’il n’est paslimité par une manivelle à mouvement circulaire, comme dans les ma-chines ordinaires, le constructeur a eu le soin, pour amortir les coups etarrêter la course, d’appliquer aux deux fonds opposés du cylindre à vapeurdes rondelles méplates Y Y' en feutre, ou en caoutchouc vulcanisé, contrelesquelles les fouloirs viennent butter.
Nous aurons à publier prochainement une machine de M. Mallé, qui,construite d’abord pour la fabrication des briques, a été, par suite de quel-ques modifications, appliquée aussi, avec avantage, au moulage des char-bons artificiels.