384
PUBLICATION INDUSTRIELLE.
Ainsi, que l’on suppose, par exemple, trois cylindres de môme hauteur,dont l’un, celui du milieu, notablement plus petit dediamètre que les deuxautres, reçoive la vapeur à la pression ordinaire de 3, 4 ou 5 atmosphères,agissant alternativement en dessus et en dessous de son piston, pour luiimprimer une vitesse de 1 mètre à l m 50 ou même 2 mètres et plus parseconde.
Admettons que cette vapeur, après avoir rempli la capacité de ce petitcylindre et par suite, avoir parcouru la longueur entière de la course,passe dans l’un des grands cylindres, afin d’agir par expansion, sur lasurface du piston que celui-ci renferme.
Il est évident que si ce piston marche à une vitesse moitié moindre quecelle du premier, il ne sera arrivé qu’à la moitié de sa course quand celui-ci sera parvenu tout à fait à la fin; alors il continuera sa marche sansrecevoir de nouvelle vapeur, mais seulement par la plus grande expansionde celle admise dans la première moitié de la course.
Pendant ce temps, le second grand cylindre qui se trouve aussi encommunication avec le petit cylindre, mais du côté opposé, reçoit lavapeur qui a produit son effet sur le petit piston à la seconde course, etqui agit absolument de la même manière que dans le premier grandcylindre.
On voit donc qu’une cylindrée de vapeur, dépensée dans une capacitédonnée à une pression plus ou moins élevée, se répand tantôt dans uncylindre, tantôt dans un autre, pour agir par expansion ou par détente.La longueur de la course dans les trois cylindres étant exactement lamême, mais celle du petit piston se faisant deux fois plus vite que celledes deux autres, il en résulte que dans une double course de ce petitpiston, chacun des deux derniers n’a parcouru qu’une course simple.
11 résulte de cette combinaison que l’on peut arriver à livrer aujourd’huides machines à vapeur de grandes puissances à des prix bien inférieurs àceux des meilleures machines de Woolff. En effet, d’un côté, le petit cy-lindre donne nécessairement une force effective double de celui de lamachine à deux cylindres dans laquelle la vitesse du petit piston est moitiémoindre, et de l’autre, les deux grands cylindres recevant ensemble, dansle môme temps, un volume de vapeur double de celui dépensé dans lamachine Woolff, qui n’a qu’un seul grand cylindre, produisent égalementune force effective double, quoique chacun d’eux n’ait d’ailleurs qu’undiamètre correspondant.
Ainsi, pour fixer les idées, une machine à 3 cylindres de 100 chevaux,construite d’après ce nouveau système, n’a pas de proportions plus grandesque celles de 50 chevaux à 2 cylindres, puisque, d’une part, le petit cy-lindre est le même, et que, de l’autre, les deux grands cylindres n’ontaussi qu’un diamètre égal, et la môme course.
Or, par suite, les bâtis et les autres organes de la machine n’exigent pasnon plus de dimensions plus fortes que les pièces correspondantes de celle