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Tome neuvième.
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CONSTRUCTION DES MACHINES.

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Si nous admettons que leffort P soit égal à 100 kil., et que AB soit la 10' partiede AC, ou CB, la pression totale transmise par les faces du coin égalera 2000 kil.

Le coin agissant par deux faces seulement, chacune delles exercera une pressionde 1000 kil.

Si le coin était remplacé par un cône, comme dans lexemple fig. 4, la pression P'se trouverait répartie sur la circonférence entière.

Pour se rendre raison de cette loi, il suffit de jeter les yeux sur la figure ci-contre,sur laquelle la puissance P étant représentée par une grandeur quelconque a b, leparallélogramme acbd montre que ac et ad, dirigés perpendiculairement aux facesdu coin AC et B C, représentent les forces composantes qui font équilibre à celle ab.

Mais, comme le triangle acb est semblable à celui A CB du coin, il en résulte que :

ab : ac :: AB : AC.

D lon peut conclure :

ab : 2 ac :: ^ AB : AC.

M. Minotto a donc utilisé cette propriété du coin, pour construire sesengrenages par friction.

Les conditions de marche de ces engrenages sont toujours basées surles mêmes principes que pour ceux ordinaires : cest-à-dire quaprès avoirdéterminé la pression ou leffort à produire à la circonférence, cette pres-sion est égale au frottement quil est nécessaire de produire pour opérerlentraînement des circonférences.

Si les tambours étaient simplement cylindriques, la pression initialeserait déterminée en divisant leffort à la circonférence par le coefficientdu frottement relatif aux surfaces en contact.

Avec les engrenages à coin , cette pression diminue considérablementsuivant ce qui a été dit plus haut, et varie avec langle du coin.

Nous avons publié dans notre journal le Génie industriel, vi e vol., pages329 à 336, lextrait dun mémoire très-intéressant de M. Minotto, danslequel cet ingénieur signale les applications les plus importantes de len-grenage à coin.

Il sefforce de démontrer les avantages qui devraient ressortir nécessai-rement de lapplication de ces engrenages aux hélices des bâtiments àvapeur et aux locomotives.

Tout le monde sait, en effet, quune des principales difficultés inhé-rentes à la composition de ces dernières consiste dans la grande vitesse derotation des roues motrices, qui doit venir directement des pistons àvapeur, ce qui nécessite de donner à ceux-ci une vitesse infiniment supé-rieure à celle des machines fixes, donnant le meilleur effet utile.

On pourrait peut-être, à laide des engrenages du système de M. Mi-notto, faire correspondre les pistons de la locomotive à un arbre intermé-diaire, qui transmettrait le mouvement à lessieu des roues motrices, enmultipliant la vitesse dans un rapport convenable, chose complètementimpossible avec des engrenages ordinaires dont lapplication, dans un telcas, est irréalisable.