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PUBLICATION INDUSTRIELLE.
La forme en coin pourrait encore avoir, selon l’auteur, une très-heu-reuse application aux rails des chemins de fer et aux mêmes roues mo-trices. La puissance d’une locomotive dépendant de l’adhérence sur lesrails par son propre poids, il est aisé de concevoir combien ce poids pour-rait être augmenté par la simple forme en coin donnée aux rails et auxroues motrices.
On trouve en effet, d’après les propriétés du coin, qu’avec les rails ainsique les roues motrices taillés de cette façon sous un angle d’environ 20°,la charge serait augmentée, par ce seul fait, de plus de 48 tonneaux mé-triques.
Dans l’établissement de MM. Buddicom et C e à Sotteville, près Rouen ,M. Pierre Conti vient de faire l’application de l’engrenage à coin transmet-tant une force de 10 chevaux.
Le même ingénieur s’occupe d’en faire également d’autres applicationsà l’usine de Seraing en Belgique .
Nous pensons que pour compléter les documents relatifs à ce système,on ne verra pas sans quelque intérêt le mémoire que vient de présenterM. Minotto à l’Académie des Sciences .
CONSIDÉRATIONS
SUR LES ROUES A AXE MOBILE DANS LE SYSTÈME DE L’ENGRENAGE A COIN.
Dans les engrenages ordinaires, dans les poulies à courroies, et enfin dans toutsystème de transmission des mouvements dont les arbres sont portés dans des cous-sinets immobiles, il est à peu près indifférent que la puissance et la résistance soientappliquées à des points quelconques de la circonférence, si ce n’est pour l’usuredes coussinets qui sera plus forte d’un côté que de l’autre, selon le sens danslequel l’arbre est poussé.
Il n’en est pas de même lorsque les coussinets sont mobiles, et quand, ainsi quedans l’engrenage à coin, on a besoin d’une certaine pression entre les roues qui doi-vent se conduire réciproquement. Alors il est très-important d’appliquer la rési-stance au point convenable, relativement au point d’application de la puissance et àla direction de celle-ci.
Ce sont des considérations de ce genre qui ont échappé à ceux qui se sont jusqu’àprésent occupés de notre engrenage, et que nous allons exposer.
En réfléchissant un peu sur les conditions dans lesquelles se trouve la roue àcoussinets mobiles, exigées par l’engrenage à coin, on voit de suite qu’il doit y avoirdes dispositions dans lesquelles la pression qui se fera sur l’arbre se reportera touteou en partie sur les roues, et d’autres, au contraire, où la pression sur l’arbre seraen sens opposé à celle qu’on devra faire sur les roues.
Par conséquent, la charge qui sera nécessaire pour avoir la pression sur les rouespourra, dans le premier cas, être très-petite et même nulle; dans le second , elledevra être égale à la totalité de celle nécessaire pour avoir la pression voulue, aug-mentée encore de la quantité nécessaire pour vaincre la poussée contre l’arbre, etqui tend à l’éloigner.