DISTILLATION DES BETTERAVES.
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contenance C f a été rempli de betteraves coupées, on soutire le liquide(jus extrait par macération) de la première cuve et on le verse sur labetterave de la deuxième; on verse aussitôt une deuxième charge de vi-nasse sur la matière en partie épuisée de la première cuve, et on laissecette deuxième macération s’effectuer pendant une heure. Durant le mêmetemps, on remplit un troisième cuvier C 2 avec le produit du coupe-racines,qui continue à fonctionner à des intervalles de temps de vingt-cinq à trenteminutes.
Le mélange de vinasse et de jus qui a séjourné une heure sur le troi-sième cuvier se trouve chargé du jus extrait par trois macérations succes-sives ; on le soutire en cet état pour le verser dans une des trois cuves àfermentation, que l’on commence ainsi à remplir. Le liquide soutiré offreun volume de 250 litres environ, une grande partie du jus normal ayantété déplacée par endosmose et le tissu amolli s’étant tassé sensiblement.
Le premier cuvier, dans lequel deux charges de vinasse ont séjournéchacune une heure et en ont été soutirées successivement, reçoit une troi-sième fois une charge de 200 litres de vinasse, dont on soutire le produitau bout d’une demi-heure, pour le faire couler dans une chaudière où satempérature est ramenée au terme de l’ébullition.
On laisse égoutter la cossette, puis la betterave ainsi épuisée est extraitedu cuvier (1) et portée à la ferme, pour être donnée aux bestiaux aprèsune préparation que nous indiquerons plus loin.
L’opération, très-simple, continue ainsi de façon que, avec trois cuviers,à tour de rôle, le troisième s’emplit de betterave et reçoit aussitôt leliquide extrait du deuxième et qui a servi à une macération durant uneheure; le deuxième est mis en macération pour la deuxième fois, et, lepremier ayant effectué une troisième macération, la vinasse un peu char-gée de sucre qu’il contient est conduite à la chaudière à réchauffer. Lors-qu’on soutire le liquide qui a passé une heure sur les betteraves neuves dutroisième cuvier, pour verser ce liquide sucré dans la cuve à fermentation,le cuvier récemment rempli de betteraves reçoit le liquide ayant macéréune fois, qui est aussitôt remplacé par la vinasse d’une distillation effectuéeen même temps : de telle sorte que les cosscttes épuisées ont, en effet,reçu trois charges successives de vinasse, dont la dernière reste, en grandepartie, engagée dans les tissus de la betterave, où elle prend la place du jussucré primitivement contenu ; celui-ci est passé du premier au deuxième,puis plus complètement au troisième, d’où il est versé dans les cuves àfermentation.
Détail des cuves de macération. — Nous avons indiqué sur une plusgrande échelle (fig. 3) une élévation et un fragment de coupe verticale deces cuves pour en mieux faire voir le service.
(I) On se sert, pour cette extraction, d’une double fourche articulée (voy. flg. B, 7 et 8) quifonctionne à l’aide de ses deux manches, comme le ferait, en petit, un couvert, semblablementarticulé, usité pour prendre la salade.