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PUBLICATION INDUSTRIELLE.
visibles les mouvements du liquide par lui-même, a beaucoup d’inconvé-nients, dont le moindre est de rendre le verre trouble au bout d’un certaintemps, par suite des corps en dissolution dans l’eau et mis en liberté parl’évaporation. Mais ce qui est beaucoup plus grave, c’est que la chaleurfait quelquefois briser le tube, et l’eau et la vapeur s’en échappent vio-lemment, avant même que l’on puisse fermer les robinets. Ces causespermanentes de danger ont fait et feront renoncer complètement àl’emploi de ces organes.
Ils sont remplacés souvent par les indicateurs à flotteur, qui se com-posent d’un corps creux ou autrement, qui est suspendu par une tringleet maintenu à la surface libre du liquide en ébullition à l’aide d’un contre-poids placé au-dessus de la chaudière; un mécanisme plus ou moinsingénieux accuse les oscillations du flotteur et sert à noter les diversesfluctuations du niveau.
Si ce genre d’appareil a l’avantage sur les indicateurs à tube de ne pasêtre susceptible de rupture, il a l’inconvénient d’exiger une garniturepour le passage de la tige du flotteur, garniture qui ne doit pas être tropserrée pour laisser à la tige toute sa mobilité, et alors la vapeur s’enéchappe presque continuellement. Dans tous les cas, l’usure successiveproduit toujours ce résultat. Il a encore contre lui l’oxydation de la tige,qui empêche ses mouvements au bout d’un certain temps.
Le problème à résoudre pour la bonne construction d’un indicateur deniveau est donc de faire en sorte que les variations puissent être renduessensibles autrement que par du verre, qui se ternit ou se brise, ou à l’aidede combinaisons mécaniques qui exigent que l’intérieur de la chaudièresoit en communication, même indirecte, avec l’atmosphère.
Plusieurs constructeurs ont imaginé des dispositions particulières quiatteignent ce but plus ou moins complètement; nous avons publié dansle tome iv le flotteur de M. Bourdon, qui a été et qui est encore l’un desplus employés, parce qu'il a l’avantage de ne pas avoir de stuffîngbox.
M. Lethuiliier, de Rouen , qui s’occupe depuis plusieurs années de laconstruction des divers appareils appliqués sur les générateurs, a imaginéd’appliquer au mouvement du flotteur les propriétés du magnétisme ter-restre ou de Vaimant proprement dit, dont l’attraction est utilisée pourmettre en mouvement une aiguille en fer placée à l’extérieur d’une boitede cuivre en communication exclusive avec la chaudière qui produit lavapeur.
Cette boîte renferme un aimant permanent fixé à la partie supérieurede la tige d’un flotteur métallique, dont il suit par conséquent tous lesmouvements. L’aimant agissant au travers de la paroi de la boite, faitmouvoir l’aiguille, qui est entièrement libre, et maintenue seulementcontre la surface graduée par l’attraction magnétique.
La fig. 1 de la pl. 36 représente l’ensemble de ce flotteur tout monté,et fonctionnant sur une chaudière à vapeur.