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PUBLICATION INDUSTRIELLE.
Jusqu'à cette époque, et même jusqu’en 1840, dans toutes les teinture-ries, dans les fabriques d’impression de tissus, dans les blanchisseries, etc.,les procédés employés pour opérer le séchage des laines, des cotons oud’autres toiles, consistaient, comme on le fait encore aujourd’hui dans ungrand nombre d’établissements, à passer d’abord ces tissus entre descylindres qui les compriment fortement, ou à les tordre, pour les faireégoutter le plus possible , et à les exposer, soit à l’air extérieur pendantdeux heures et souvent des journées entières, soit dans des séchoirs chauf-fés par des calorifères.
Ces procédés présentent, sans contredit, plusieurs graves inconvénients,que les fabricants ont reconnus sans doute bien avant l’auteur, savoir :
1° De fatiguer les tissus par la grande pression ou la forte torsion qu’onest dans l’obligation de leur donner, afin d’en extraire la plus grande par-tie de l’eau qu’ils contiennent ;
2° D’exiger beaucoup de main-d’œuvre et surtout beaucoup de tempspour les étendre et les exposer à l’air, ce qui retarde considérablement lafabrication ;
3“ De consommer une grande quantité de combustible pour le chauffagedes calorifères.
La première machine de M. Penzoldt ne remplit évidemment pas toutesles conditions d’un séchage complet, mais elle prouve que l’on pouvait yarriver, du moins à un degré plus ou moins élevé, selon le genre detissus, et cela en quelques minutes, et par l’effet seul du mouvement rota-tif. La grande difficulté consistait à produire ce mouvement avec la rapi-dité suffisante, sans exiger une trop grande force motrice, et cependant enprésentant la solidité désirable.
Nous avons pensé que, pour mieux apprécier l’état de perfection danslequel se trouve la machine actuellement construite par l’inventeur, il étaitutile de faire connaître les appareils qui ont été essayés antérieurement,soit par lui, soit par d’autres ingénieurs. Nous allons donc les décrire suc-cessivement, et selon l’ordre des dates des brevets demandés pour cet effet,en tâchant de faire voir tous les avantages et les inconvénients qu’ils pré-sentent dans leur application.
PREMIÈRE MACHINE A ROTATION OU A FORCE CENTRIFUGE ,de M. Penzoldt. — ( Planche 2, fig. 1 et 2.)
Comme nous venons de le dire, cette machine se composait d’une espècede tambour annulaire AB, représenté sur les fig. 1 et 2 de la pl. 2 e ; la pre-mière de ces figures est une section verticale, faite suivant la ligne 3-4, etla seconde est une coupe horizontale, faite à la hauteur de Taxe suivant laligne 1 -2. Ce tambour était divisé en quatre compartiments égaux, dans cha-cun desquels on renfermait les étoffes à essorer, en les introduisant par desportes latérales que l’on agrafait d’une manière convenable et solide. Toute