MACHINE A TARAUDER. 41
qu’elle est bien exécutée, elle présente toute la rigueur nécessaire pourproduire des filets de vis aussi exacts qu’on peut le désirer.
Double communication de mouvement. Lorsque les tiges de boulonssont de faible diamètre, de 2 à 4 centimètres, par exemple, le mouvementse communique à l’arbre directement parles poulies en fonte tournées L', L,qui sont commandées séparément par deux courroies passant sur un mêmetambour, et dont l’une est croisée, pour que la rotation soit en sensinverse. Ces deux poulies sont ajustées libres sur une longue douille enfonte m, bien alésée, que l’arbre traverse dans la longueur, et qui peutêtre rendu solidaire avec elle au moyen d’une clavette l, que l’on retirelorsqu’au contraire il doit marcher indépendant. Au milieu de cette douilleest un manchon mobile à deux griffes K, qui peut glisser sur elle et s’em-brayer alternativement avec chacune des poulies, dont le moyeu est éga-lement à griffes d’un côté, de sorte qu’elles s’entraînent dans leur mouve-ment de rotation, suivant qu’il est engagé avec l’une ou avec l’autre; etcomme il est fixé sur la douille par une nervure, il entraîne celle-ci à sontour, et par suite l’arbre lui-même, lorsque la goupille est en place. Cettegoupille, qui traverse l’épaisseur de la douve et du manchon, doit se pro-mener longitudinalement comme celui-ci ; c’est pourquoi on a eu le soinde ménager dans l’arbre une coulisse qui permet ce jeu.
L’arbre, ainsi commandé par l’une des poulies avec laquelle le manchonest embrayé, fait tourner le boulon edans un sens, jusqu’à ce que les cous-sinets qui l’entourent et le coupent se trouvent au point limite de la lon-gueur à tarauder (fig. 1); on débraye aussitôt le manchon pour le faireengager avec l’autre poulie ; l’arbre tourne alors en sens contraire, et lescoussinets marchent en rétrogradant jusqu’à ce qu'ils arrivent à l’extrémité.
Lorsque les tiges à fileter sont d’un fort diamètre, qu’elles dépassent4 centim., la résistance que présente l’opération du taraudage devient tropconsidérable, il faut augmenter la puissance et diminuer en même tempsla vitesse de rotation, afin que les outils ne s’échauffent et ne se détrempentpas. Le constructeur a disposé la machine pour pouvoir remplir ces con-ditions avec facilité, et en opérant le changement nécessaire très-rapide-ment. Ainsi, sur l’arbre J, à côté de la poulie L, il a placé une roue droitedentée M, avec laquelle il fait engrener le pignon N, qui est fixé sur un axeintermédiaire O, parallèle au premier, et dont les tourillons sont reçusdans des coussinets de bronze b et b' rapportés à la partie inférieure deschaises en fonte E et E / .
Sur le même axe est une seconde roue M', tout à fait semblable à lapremière, et qui engrène avec un pignon N', ajusté à l’extrémité de ladouille en fonte m, qui, comme nous l’avons dit, est rendue libre sur l’arbreprincipal, lorsqu’on enlève la goupille l.
Il est aisé de concevoir alors, par cette disposition, que le mouvementcommuniqué à la poulie L', par exemple, lorsque le manchon K est engagéavec elle, se transmet au pignon IV par la douille m avec laquelle il est