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PUBLICATION ÎNDUSTIIIELLE.
ment différents des procédés qui sont aujourd’hui généralement adoptés,et que,puisque ces essais ont été abandonnés, ils doivent être considéréscomme des tentatives sans résultats.
11 importe donc de constater que toutes les modifications que les con-structeurs anglais ont apportées aux machines de M. de Girard, pendantcette longue période de plus de vingt années, n’ont altéré en rien le carac-tère de ces machines; que si, à l’exception du cardage des éloupes, quel-ques-unes présentent des avantages, ceux-ci sont de peu d’importance,comparés à celle de la création première. Il importe enfin de constaterqu’aujourd’hui, comme dès 1820, ce n’est que par les inventions de l’illustreingénieur français que les fabriques anglaises existent.
Dans un mémoire qu’il adressa au roi Louis-Philippe, aux ministreset aux Chambres, sur la priorité due à la France dans l’invention desmachines à filer le lin, M. de Girard s’exprime ainsi :
« J’ai besoin de répéter et de prouver que si j’ai porté mes inventionshors de mon pays, c’est seulement après que le gouvernement d’alors leureut refusé tout secours et toute protection, et parce que les malheurs nonmérités de ma famille ne me permettaient plus de me passer de cette pro-tection pour développer la nouvelle branche d’industrie que je venais decréer.
« Ma famille, originaire du département de Vaucluse , y jouissait de laconsidération et de l’estime de ses concitoyens , qui nous en donnèrent,en 1810, un honorable témoignage, en élisant l’un de mes frères membredu Corps législatif, et plus tard membre de la Chambre des députés. Cessentiments ne se sont point éteints après trente ans d’absence, et nous enavons reçu une preuve bien noble et bien touchante dans la lettre que nousadressèrent à Varsovie nos concitoyens de Lourmarin , à l’occasion de lamort du dernier rejeton portant le nom de notre famille. Cette lettre,signée du maire et de près de trois cents des principaux habitants, est undigne monument de notre affection mutuelle.
« La révolution, l’émigration, et de nombreux remboursements en assi-gnats, nous avaient fait éprouver de grandes pertes ; cependant, mon pèreétait encore, en 1810, le dix-septième sur la liste des trente plus imposésdu département. Ce reste de notre fortune fut à peu près anéanti par deuxdécrets impériaux : le premier, qui rétablit l’impôt sur le sel, ruina lagrande saline de Kassuenc, près de Martigues , à la construction delaquelle ma famille avait employé plus de 500,000 fr. empruntés sur nosbiens patrimoniaux ; le second, qui permit l’introduction des soudes d’Es pagne , ruina une grande fabrique de soude factice que j’avais établie prèsde Paris .
« Ce fut à cette époque (le 7 mai 1810) que Napoléon proposa son grandprix pour la filature du lin.
« Deux mois après cette publication, j’avais trouvé le principe fonda-mental sur lequel est établie aujourd’hui la filature en fin, et mon premier