CARDE A ÉTOUPES. 67
« Il est bon de remarquer, à ce propos, qu’il ne faut pas craindre delivrer aux cardes une grande quantité de marchandise^ à la fois. Les fila-teurs sont en général, à cet égard, peut-être encore beaucoup trop réservés.Soit sur la table à étaler, soit sur les cardes, ils étalent quelquefois desquantités insignifiantes, comme s’ils craignaient de fatiguer les machines.Ce n’est pourtant pas là qu’est le danger. Le danger, s’il y en a, est dansun étalage irrégulier : il est aussi quelquefois dans la manière vicieusedont on gouverne la machine. Mais, loin qu’il y ait de l’inconvénient àopérer sur de grandes quantités, il y a presque toujours double avantage,en ce qu’on obtient à la fois plus de produit et un meilleur produit. Lescardes fonctionnent mieux et plus régulièrement quand elles sont biengarnies. La nappe qu’elles forment est plus nourrie, mieux liée, plus égale,et le ruban qui en sort participe de tous ces avantages. »
Le système de carde le plus généralement adopté aujourd’hui est deM. Fairbairn, habile constructeur de Leeds; il est parfaitement imité parM. Decoster, de Paris , par M. N. Scldumberger, de Guebwiller , parM. A.Kœehlin, de Mulhouse , et par quelques autres constructeurs qui s’occu-pent de la filature du lin. On a parlé d’un nouveau système dû aussi à unfabricant de Leeds, M. Lawson, lequel aurait la propriété, au moyen deplusieurs cylindres placés devant, de livrer différentes qualités d’étoupe,s.M. Decoster, toujours poussé vers le progrès, s’occupe également, de soncôté, à modifier complètement le système ; nous rendrons compte desrésultats dès qu’il y aura solution (1).
Pour le moment, nous croyons qu’avant de nous attacher aux projetsnouveaux, nous devons faire connaître ce qui existe, ce qui est adopté,afin qu’on apprenne à s’en servir; et à cet égard nous pensons que lesfabricants ont déjà beaucoup à faire.
DESCRIPTION GÉNÉRALE DU CARDAGE DES ÉTOUPES
Nous ne croyons mieux faire, pour expliquer d’une manière générale lecardage des étoupes, tel qu’il est en usage aujourd’hui dans les filatures,que de rapporter ici l’extrait suivant de l’essai sur la filature du lin parM. Ch. Coquelin ; nous pourrons ensuite faire connaître plus facilementles détails de construction de la carde représentée sur les pl. 5 et 6.
« Une carde, dit l’auteur, consiste en un grand tambour qui tourne sanscesse, et autour duquel, mais dans la partie supérieure seulement, fonc-tionnent, avec des vitesses inégales, des cylindres juxtaposés. Le tambouret les cylindres sont revêtus d’un cuir épais, garni de dents en fer recour-