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PUBLICATION INDUSTRIELLE.
impuretés, telles que la poussière et la paille dont elles sont souvent char-gées, ce qui les rendrait plus légères. On a essayé, a ce sujet, plusieurssystèmes de battage, mais il paraît que jusqu’à présent on n’a rien obtenude parfaitement convenable.
« Ce serait une erreur de croire que ce travail revient aux cardes.Celles-ci doivent être, au contraire, hermétiquement fermées de toutesparts, de manière à conserver autant que possible tout cè qu’on leur livre;autrement elles disperseraient'les étoupes autant que la poussière et lapaille, et il en résulterait un déchet énorme, sans compter que le cardageserait plus mal exécuté. Il faudrait ainsi, dans certains cas, rendre auxétoupes la légèreté qu’elles ont perdue. Si on pouvait toujours les em-ployer au sortir même de la peigneuse, ce soin serait peut-être inutile, carc’est un des résultats d’un bon système de peignage, de fournir des étoupeslégères, que les dents des cardes puissent aisément attaquer. Mais fort sou-vent, avant de les mettre en œuvre, on les entasse dans des paniers ou dansdes sacs où elles se serrent, deviennent compactes, se changent en boules,et il est très-difficile alors que les cardes produisent sur elles tout leur effet.Si on ajoute à cela qu’elles ne peuvent plus s’étaler d’une manière régu-lière sur le manteau des cardes, on comprendra qu’il doit résulter de làun travail fort inégal, fort imparfait, et quelquefois même des engorge-ments dans les cylindres.
« Dans la filature de coton il y a deux machines, sans parler de quelquesautres moins importantes, qui n’ont pas d’autre fonction que de préparerla matière pour le cardage. C’est d’abord le batteur éplucheur, qui rend aucoton sa légèreté primitive, lorsqu’il sort des ballots où il a été entassé, etqui le dégage en même temps, au moyen d’un ventilateur, de toutes sesordures. C’est ensuite le batteur étaleur, qui dispose la matière en couchessymétriques, de manière à ce qu’on puisse l’étaler avec une régularité par-faite. Il faudrait quelque chose de semblable pour les étoupes de lin. A lavérité, ces travaux préparatoires sont ici moins rigoureusement néces-saires, soit parce que les filateurs de lin sont bien les maîtres de travaillerles étoupes à mesure qu’ils les produisent, soit parce que les cardes à lin,n’agissant pas de la même manière que les cardes à coton, n’exigent pasabsolument la même précision dans la manière d’étaler. Il n’est pas douteuxcependant que ces préparations ne soient toujours d’un bon effet, et il fautespérer qu’on inventera quelque jour des machinés pour cet usage. Enattendant qu’elles existent, nos filateurs feront bien d’y suppléer par desprocédés tels quels, que la pratique leur suggérera facilement.
« Supposons que les étoupes soient dans un état convenable. On les étalealors aussi régulièrement qu’il est possible sur le manteau placé derrièrela carde. Il y a là, comme sur la table à étaler, un cuir sans fin (on em-ploie quelquefois une toile pour plus d’économie) qui entraîne constam-ment la matière jusqu’à l’entrée des cylindres fournisseurs. Ceux-ci lasaisissent et la font entrer dans la machine.