98
PUBLICATION INDUSTRIELLE.
M. Tourasse, et qui sont en activité sur la ligne de Saint-Étienne , ne lecèdent en rien non plus aux autres machines anglaises. MM. Schneider,du Creuzot, M. Cavé, de Paris , ont également construit de ces appareils,avec soin et à la satisfaction entière des compagnies.
Parmi les perfectionnements les plus remarquables qui viennent d’êtreapportés dans les locomotives, nous devons surtout citer l’application dela détente faite à ces machines. Cette application peut être regardée commed’autant plus heureuse qu’elle avait été jugée d’une grande difficulté, àcause de la vitesse considérable des pistons et des tiroirs de distribution.
Déjà, vers 1839 et 1840, l’habile ingénieur des chemins de fer de Saint-Germain et de Versailles , M. Clapeyron , s’occupait de donner aux tiroirsdes recouvrements tels, qu’il pouvait obtenir une détente plus considérableque celle qu’on avait obtenue jusque-là. Et depuis, persistant dans sonsystème, et voulant éviter toute espèce de complication de mécanisme , ilest parvenu, par l’angle d’inclinaison de l’excentrique sur la manivelle, parl’avance et les recouvrements du tiroir, à marcher à détente pendant untiers de la course du piston, et même jusqu’aux 5/12 de la course. Enhomme de progrès, qui tient constamment aux améliorations, cet ingé-nieur s’est occupé, ainsi que plusieurs autres personnes, d’un système quipuisse permettre de varier la détente pendant la marche même de lamachine.
Le mode de détente variable, si heureusement appliqué par M. Edwardsaux machines fixes, a dû être essayé sur une locomotive du chemin deSaint-Germain, en 1840 ; mais cette application ne paraît pas avoir donnéles résultats qu’on en espérait. Le registre, rapporté derrière le tiroir etpouvant glisser avec lui, était arrêté dans sa course par deux arrêts placésà une certaine distance qu’on pouvait régler à volonté. Mais, soit que ceregistre, entraîné simplement par contact dans la marche du tiroir, nefonctionnât pas toujours convenablement, surtout dans les grandes vitesses,soit que le conducteur ne pût faire agir à propos les deux buttoirs ouarrêts, on ne crut pas devoir poursuivre les expériences.
Un ingénieur de Belgique , M. Cabry, a proposé depuis d’appliquer ladétente, non-seulement en donnant plus d’avance et de recouvrement autiroir, mais, de plus, afin de rendre la détente variable pendant la marche,en variant la course de ce tiroir et en changeant la longueur du levier oude la fourchette qui doit le faire mouvoir. A cet effet, la fourchette d’em-brayage, au lieu d’être placée sur la queue de l’excentrique et de venir saisirle bouton placé sur l’arbre oscillatoire des tiroirs, comme on le fait géné-ralement, est, au contraire, placée sur l’arbre, et le bouton se trouve surla queue de l’excentrique. Les branches de la fourchette sont allongéesde sorte que le bouton vient travailler beaucoup plus tôt ; dans cette circon-stance le levier qui fait osciller est plus long qu’il ne le faudrait pour dé-couvrir complètement le tiroir; il résulte de là qu’il s’introduit moins devapeur, et comme d’ailleurs l’excentrique a plus d’avance, il ferme le tiroir