FILATURE MÉCANIQUE DU LIN
ET Dü CHANVRE,
Pas* M. «le GIR A Et»,
Ingénieur en chef des mines du royaume de Pologne.
SUITE (i).
Imperfection de la filature du lin en Angleterre jusqu'en 1819.
«Après avoir établi, par des actes incontestables, les dates de mesinventions et celles de leur exécution, il me reste à fournir des preuvesnon moins authentiques, non moins évidentes, de la grossière imperfec-tion dans laquelle se trouvaient encore les filatures anglaises, pendant queles procédés, dont on veut aujourd’hui leur faire honneur, étaient déjàpratiqués, depuis plusieurs années, dans un grand nombre de fabriques,en France et en Allemagne .
«Je pourrais, sans doute, citer à l’appui de mon assertion des faits denotoriété publique recueillis pendant mon voyage en Angleterre ; je pour-rais citer encore d’autres faits non moins notoires relatifs aux diversesmachines qui furent apportées d’Angleterre , à l’occasion du grand prixproposé par Napoléon, et qui toutes constataient cette imperfection ; maisla démonstration de tous ces faits m’entraînerait trop loin ; je me contentedonc de les rappeler ici aux filateurs et aux savants impartiaux, français ouanglais , qui ont pu , par eux-mêmes, en avoir connaissance. A l’appui demes assertions, je n’offrirai qu’une seule preuve, mais elle suffira, je l’es-père, pour écarter tous les doutes.
« Cette preuve se trouve dans un traité de la filature du lin publié enAngleterre, en 1819, par un constructeur de machines bien connu,M. A. Gray, et ayant pour titre : A Treatise on spinning machinery, byAndrew Gray, experienced Millwright. Printed jor Archibald Constableand c°, Edinburgh ; and Longman and c°, London ; 1819.
« Cet ouvrage ne contient autre chose que la description des grossièresmachines à filer le lin, telles qu’elles nous avaient été apportées d’Angle-terre : on n’y trouve aucune trace, ni de mes machines à séries de peignessans fin, qui composent aujourd’hui tout le système des machines prépara-toires dans toutes les filatures de lin sans exception, ni de mon systèmede filature en fin par le décollement des fibres élémentaires entre des
(!) Voir page 59 et suivantes de ce volume.