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PUBLICATION INDUSTRIELLE.
même époque nous filions, en France et en Autriche , des fils de 60,000mètres au kilogramme.
« Des fabriques restèrent dans cet état, s’enrichissant à l’aide de ce pro-cédé si incomplètement appliqué, et sans faire un nouveau pas vers la per-fection , jusqu’en 1826, au moment où les fileurs anglais apprirent enfin àapprécier la seconde partie de mon système et l’adoptèrent.
« Ce fut ici une seconde révolution dans cette branche d’industrie ; maiscelle-ci fut accompagnée de circonstances très-remarquables et qui consta-tèrent mes titres d’inventeur d’une manière irrécusable.
« Je me trouvais en Angleterre, où j’avais été acheter un grand nombrede machines de tout genre pour les usines et pour diverses fabriques duroyaume de Pologne. Par un singulier hasard, ce fut précisément à cetteépoque que M. Key, mécanicien anglais , ayant eu connaissance de mon pro-cédé de filature en fin, prit une patente pour cette méthode d’étirage, qu’ilannonça comme nouvelle. Il fit des expériences publiques dans une fabriquede Leeds , en présence des chefs des principales filatures de cette ville. Ilne lui fut pas difficile d’exciter leur admiration et leur enthousiasme parles résultats merveilleux qu’il leur montra. Ce fut dans ces termes que tousles journaux anglais publièrent à l’envi les louanges de M. Key. Plusieursfabricants étaient déjà en traité avec lui, lorsque le triomphant inventeurse vit tout à coup dépouillé de ses titres d’emprunt, par une déclarationque je publiai dans les journaux de Manchester et de Leeds , dans laquelle,en réclamant mon titre d’inventeur, je prouvai la nullité de la patente deM. Key, comme ne contenant rien qui ne se trouvât déjà dans celle quemes associés avaient prise (sans ma participation) au nom de M. Hall, en1815 , laquelle n’était elle-même que la copie de rues brevets d’inventionpris en France depuis l’année 1810. Cette dernière patente étant déjà expi-rée, laissait désormais mes inventions dans le domaine public.
« Les faits étaient tellement évidents, que M. Key n’essaya pas même deles contester. Sa patente fut désormais considérée comme non avenue, ettous les fileurs s’empressèrent d’adopter, sans réclamation de sa part, ceprocédé , nouveau pour eux.
« Ainsi, par un singulier concours de circonstances, ce fut moi, étran-ger, qui mis les fileurs anglais en possession de cette partie si essentiellede mes inventions ; et, par suite des mêmes circonstances, je dus les leurdonner gratuitement. Enfin , ce fut précisément en prouvant que j’en étaisle véritable auteur, que je les affranchis du tribut qu’ils auraient dû payerà M. Key pour en faire usage.
« Si donc je n’ai retiré aucun profit du don immense que j’ai fait à l’An-gleterre sans le vouloir, il en restera du moins un monument ineffaçabledans cette déclaration acceptée sans réclamation , et par M. Key, dont elleruinait les vastes espérances, et par tous les fileurs anglais , à qui elle enle-vait tout l’honneur de ces inventions si vantées, dont ils gardaient toute-fois les immenses bénéfices.