NOTICE INDUSTRIELLE.
DÉBOURRAGE MÉCANIQUE DES CARDES A COTON,
PAR M. DANNERY, A CONDÉ-SÜR-NOIREAU (1).
M. Auguste Dannery, habile contre-maître de filature, à Condé-sur-Noireau (Calvados ), vient d’obtenir un brevet d’invention pour des per-fectionnements dans la fabrication des cardes.
Cette invention consiste dans l’application d’un appareil qui effectuemécaniquement, d’une manière uniforme, permanente et sans aucuneinterruption, le débourrage successif de tous les chapeaux qui composentla carde à coton.
Cet appareil, dont le mouvement est entièrement relié à celui de lacarde, est destiné à se substituer avantageusement au système de débour-rage à la main, qui est généralement suivi dans les filatures de coton.
Le débourrage manuel laisse beaucoup à désirer, et présente surtoutl’inconvénient d’une grande irrégularité. On sait, en effet, que le mêmeouvrier est chargé du nettoyage des chapeaux de huit à dix cardes, qu’ildébourre successivement les chapeaux de chaque carde, et qu’il ne vient àla première que lorsqu’il a nettoyé toutes les autres. Or, pendant ce temps,celle-ci a pu s’engorger, ce qui nuit beaucoup à la régularité et à la bontéde la préparation.
Le nouvel appareil proposé par M. Dannery est mû par un pignonmonté à une extrémité de l’axe de l’un des cylindres cannelés, afin desuivre, sans interruption, le mouvement imprimé à la carde ; il présente lescaractères distinctifs suivants :
1° Le mouvement lève alternativement et bien parallèlement les cha-peaux par les deux bouts ;
2° Chaque chapeau, arrivé à la hauteur convenable, est maintenu soli-dement et de manière à être débourré librement ;
3° La carde à débourrer froissant les chapeaux à son passage, force ladébourrure à descendre sur le talon de la carde ;
4° Quand le débourrage est effectué, chaque chapeau reprend sa positionprimitive;
5° L’appareil opère son second débourrage en continuant son mouve-ment sur lui-même ;
6° La carde, en s’avançant pour opérer son deuxième mouvement, setrouve nettoyée et repassée ;
7° La débourrure est refoulée et tassée dans une boîte de fer-blanc ouautre, qui, selon sa capacité, n’a besoin d’être nettoyée et vidée qu’uneou deux fois par jour;
8° Lorsque le nettoyage des dix-huit ou vingt chapeaux de la carde esteffectué, l’appareil revient sur lui-même pour recommencer celui du pre-mier chapeau, et ainsi de suite.
(1) Nous avons donné dans le ye volume ( pi. 3-2, page 372 et suivantes) le dessin et la descriptionde cet appareil.