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PUBLICATION INDUSTRIELLE.
Pour des roues droites à dentures fines de 2 à 3 centimètres de pas au plus,il faut faire au moins deux passes, l’une pour commencer à dégrossir ou àenlever la croûte de la fonte, l’autre pour achever les dents ; pour des rouesdroites à dentures plus fortes, il faut faire au moins trois passes et avoirdeux fraises ; pour les roues d’angle, il faut de toute nécessité faire quatrepasses et avoir trois fraises.
Pour que les dents angulaires de ces fraises, qui doivent couper non-seulement sur le champ, mais aussi sur les côtés, soient bien faites et régu-lières, on doit déjà les tailler à la plate-forme ; c’est d’ailleurs le moyenle moins coûteux à employer, et encore elles peuvent revenir à 25, 30 etmême 40 fr. pièce ; leur trempe est, comme on le pense, très-difficile ; ellesrisquent souvent de se gauchir, de se fausser ou de se fendre à la trempe.Tous ces inconvénients sont réellement trop graves pour qu’on n’ait pascherché à substituer à ce mode de tailler par des fraises, qui parait cepen-dant toujours usité en Angleterre, un procédé moins susceptible et pluséconomique,
Il y a plusieurs années, un mécanicien de Metz , M. Glavet, a eu l’idéede tailler les dentures métalliques à l’aide d’un burin ou grain d’orge,comme celui que l’on emploie pour raboter, et auquel il donne un mouve-ment de translation dans le sens de la largeur des dents. Il fait suivre à cetoutil la courbure déterminée par un calibre ou gabarit qui a la forme dela denture. Nous donnons plus loin la description de cette machine, pourlaquelle l’auteur avait cru devoir se faire breveter. Plus tard, vers 1839,M. Saulnier aîné, habile mécanicien à Paris , fit aussi une plate-forme propreà tailler les dentures de fonte et de fer, en appliquant un outil semblable.
Ce procédé de tailler les engrenages à l’aide d’un outil aigu, comme unburin, semble évidemment, au premier abord, le plus économique ; cet outilest, en effet, de la plus grande simplicité; il s’exécute avec un morceaud’acier carré, qu’il suffit d’amincir par le bout, en lui donnant la formed’un grain d’orge. Mais dans l’application, on reconnaît bientôt que le tra-vail qu’il produit devient encore long et dispendieux, qu’il s’use rapide-ment et qu’il faut l’affûter souvent, ce qui cause des chômages, des pertesde temps, que dans une fabrication continue on doit chercher à éviter leplus possible. Ce procédé exige, en outre, que les dents des roues soientdéjà venues brutes de fonte ; ainsi l’outil a constamment à mordre sur de lacroûte, ce qui est une cause évidente pour qu’il s’émousse plus rapidement,quoiqu’on ne lui donne pas une vitesse de plus de 6 à 8 centimètres parseconde.
MM. Cartier et Armengaud aîné, ingénieurs à Paris , s’occupant presqueexclusivement de la construction des moulins à farine sur le système amé-ricain , et ayant par conséquent un grand nombre d’engrenages à fabri-quer, comprirent qu’il leur était indispensable d’établir des machines pro-pres à la taille des engrenages.
Après avoir établi une plate-forme d'une dimension bien supérieure à