MACHINE A TAILLER LES DENTS.
209
tout ce qui avait été exécuté avant eux en France (1). ils reconnurent que,malgré sa puissance, elle ne pourrait pas tailler des dentures en fonte ouen fer avec toute l’économie désirable. En effet, ils essayèrent, soit à l’aidede fraises convenablement disposées et ayant un mouvement de rotationcontinu, soit à l’aide d’un outil ayant aussi un mouvement de rotation, ouayant seulement un mouvement de translation parallèle aux génératricesdes dents ; ils obtinrent à la vérité des résultats satisfaisants sous le rap-port de l’exécution, mais qui ne pouvaient l’être sous le rapport de lafabrication. Comprenant que pour réussir en mécanique, il ne faut pas seu-lement faire bien, mais aussi faire avec économie, ils ne se sont pas conten-tés des résultats obtenus sur leur grande plate-forme, avec laquelle pour-tant ils taillaient des roues à denture de bois très-fortes, pouvant avoir3 à 4 mètres de diamètre, d’une manière très-rapide, et par conséquenttrès-avantageuse.
Ils cherchèrent donc à construire, dès 1838 , une machine qui, plus spé-cialement applicable à la taille des dentures de fonte, pût faire ces denturesavec une célérité plus grande que par les moyens ordinaires.
Cette première machine ne fut établie que pour la confection des rouesdroites à dentures extérieures ou intérieures; elle donna de très-bonsrésultats. Disposée sur le système d’une machine à raboter, à outil mobile,elle fut conçue de telle sorte que la dent à tailler se trouvât, pendant letravail, assujettie d’une manière parfaite, afin de ne pas causer de brout-tement, et d'obtenir, par suite, des surfaces complètement unies et lissessans aucune ondulation. C’est peut-être une des conditions les plus impor-tantes à remplir dans ce genre de travail, et à laquelle on ne paraît pass’être suffisamment attaché dans la construction des plates-formes que l’ona exécutées ou projetées jusqu’ici. Il faut, en effet, pour pouvoir enleverdes copeaux de fonte assez forts, et non pas de la poussière , comme celaarrive avec les fraises, maintenir non-seulement la roue tout entière, maistout spécialement les deux dents mômes entre lesquelles on travaille.
L’essai de la première machine de MM. Cartier et Àrmengaud les déter-mina à en établir une seconde (en 1839), d'une dimension beaucoup plusconsidérable que la précédente, et qui permît de tailler non-seulement desroues droites, mais encore toute espèce de roues d’angle, depuis le pluspetit jusqu’au plus grand diamètre. C’est celte machine que nous allonsdécrire, et dont nous présentons les dessins détaillés, exécutés exactementà l’échelle. Elle fonctionne aujourd’hui dans l’établissement de M. Pauxvels,à Paris .
(O Cette plate-torme a été publiée avec détails, en 1842, dans ce recueil de Machines, Outils etAppareils. (Voyez les n® et 2« livraisons de la 2» année.)
H
in..