NOTICES INDUSTRIELLES
COLONNE MOBILE APPLIQUÉE AUX MOULINS A BLÉ,
MUE PAR UNE ROUE PENDANTE , PAR M. CARTIER.
Dans les moulins et autres usines établis sur des cours d’eau très-varia-bles, comme la Marne , par exemple, les roues hydrauliques qui marchentpar le courant môme de l’eau doivent être disposées pour pouvoir être éle-vées ou baissées, suivant les différences de niveau.
Ces roues, auxquelles on a donné le nom de roues pendantes, sont à pa-lettes droites, ayant pour longueur la largeur du courant dont on peutdisposer. Elles sont établies soit sur des bateaux, soit dans des construc-tions fixes. Dans le premier cas, elles se lèvent où se baissent avec lesbateaux mêmes sur lesquels elles sont montées; dans le second cas, il nepeut en être de même, il faut disposer la charpente, sur laquelle on faitreposer l’axe de la roue, de manière à pouvoir la faire monter ou descen-dre lorsqu’il est nécessaire.
Mais comme le mouvement de la roue se communique d’abord à un arbrevertical, par deux engrenages d’angle, il faut évidemment soulever celui-cien même temps qu’on soulève la roue, afin que ces deux engrenages res-tent constamment embrayés.
Or, pour transmettre le mouvement de l’arbre vertical aux différentespaires de meules que l’on a à faire fonctionner, on monte en général surcet arbre un grand rouet ou roue horizontale, qui engrène à la fois avecautant de pignons que l’on doit mettre de paires de meules en action. Maisil est évident qu’en montant ainsi directement ce rouet sur l’arbre vertical,il est soulevé ou baissé avec lui ; par conséquent, comme on ne pourraitpas déranger les pignons de meules de place, ce qui serait nécessairementtrop long et trop dispendieux, on est dans l’obligation de déplacer chaquefois la roue horizontale qui les commande, ce qui est un inconvénient d’au-tant plus grave que, comme cette roue est souvent fixée sur un arbre enbois, il faut à chaque changement la recentrer de nouveau ; on perd ainsibeaucoup de temps, et on risque de plus d’abîmer des pièces.
M. Cartier a eu pour but d’obvier à ces inconvénients, en établissant unsystème de colonne mobile qui permet de soulever ou de baisser à volontél’arbre vertical, sans déranger en aucune manière la roue horizontale, niaucun des engrenages qu’elle commande. Voici comment le mécanismegénéral est disposé :