FILATURE MÉCANIQUE DU LIN
ET DU CHANVRE,
Par RE. «1« KIRARD ,
Ingénienr en chef des mines du royaume de Pologne.
-~«S)8»-
SUITE (I).
« Quel sentiment doit éprouver le ministre du commerce de cette époque,s’il se souvient que c’est par sa seule faute que cette grande industrieéchappe à la France !
Les Anglais n’ont ajouté à la filature mécanique du lin rien que l'on puisse
considérer comme essentiel à Vexistence de cette branche d’industrie.
« Lorsque l’on considère avec attention l’ensemble des procédés d’unart quelconque, et celui des appareils à l’aide desquels ces procédés s’exé-cutent, on s’aperçoit bientôt que parmi ces procédés, parmi ces appareils,il en est dont la suppression entraînerait l’anéantissement de l’art toutentier; on en reconnaît d’autres qui, sans être d’une nécessité absolue,contribuent cependant, soit à la facilité de l’exécution, soit à la perfectiondes résultats.
« Les procédés ou les appareils de la première classe sont ceux que nousdésignons comme essentiels à l’existence de l’art en question , les autrespourraient être appelés des procédés secondaires ou plutôt auxiliaires.
« Si l’on applique cette distinction à l’ensemble des procédés et desmachines aujourd’hui en usage dans les filatures de lin anglaises, on trou-vera qu’il n’est aucune machine ni aucun procédé de la première classedont l’invention appartienne à l’Angleterre , puisque l’on pourrait suppri-mer, dans les filatures, tout ce que les Anglais ont ajouté à mes procédéset toutes les modifications qu’ils y ont apportées, sans que pour cela lafilature cessât d’exister et de prospérer. Quant aux machines et procédésauxiliaires, je ne connais que les cardes et leur application à la filature desétoupes que nous devions aux fileurs anglais .
« Il faudrait fermer les yeux à l’évidence pour ne pas reconnaître la très-grande influence de ce perfectionnement, puisque, par ce nouveau moyen,on fabrique avec les étoupes un fil presque aussi beau qu’avec le lin peigné ;
(1 ) Voir pag. 59 el sniv., et pag. 489 et suiv. de ce volume.