FILATURE RU LIN.
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des perfectionnements de quelque importance dans cette partie de lafilature, puisque l’ancien banc à broches des filateurs de coton, transforméen machine à lin par l’addition de mes séries de peignes mobiles, remplitdéjà parfaitement toutes les conditions nécessaires.
«5° Les machines à filer en fin. (Voir mon brevet d’invention du 18juillet 1810, et les certificats de perfectionnement du 5 mai 1812 et du11 septembre 1818.)
« La partie essentielle de ces machines, celle dans laquelle se trouvetout le principe fondamental de la nouvelle filature, est le système descylindres entre lesquels s’opère l’étirage. Les Anglais ont fait à cette partieun changement évidemment nuisible, en laissant le fil en gros sans appuientre les cylindres fournisseurs et les cylindres étireurs, tandis que dansma construction, décrite dans mon certificat de perfectionnement du 24août 1815, le fil en gros s’applique sur la circonférence du cylindre four-nisseur, ce qui contribue beaucoup à rendre le fil uni et exempt d’échan-crures. Les Anglais , loin d’avoir perfectionné cette partie fondamentale demon système, l’ont donc détériorée.
« Toutes ces vérités se trouvent mises en évidence dans la grande filaturequi a donné mon nom à la nouvelle ville de Girardow, près Varsovie .Cette fabrique possède, outre toutes mes machines primitives, avec lesperfectionnements que j’y ai ajoutés depuis vingt-cinq ans, toutes lesmachines employées dans les filatures de lin en Angleterre, avec tous lesperfectionnements que les artistes anglais avaient pu y apporter jus-qu’en 1838. Toutes ces machines travaillent continuellement, et un coupd’œil suffit pour reconnaître que les miennes filent avec la même perfec-tion que les machines anglaises; mais ce qui frappe surtout l’observateurattentif, c’est cette similitude, cette identité de moyens, qui fait recon-naître dans les machines anglaises le type primitif avec si peu d’altération,qu’il faut une grande attention pour bien saisir lès différences, et plusencore pour se rendre compte des motifs de ces changements.
« Enfin, la conclusion évidente que chacun peut tirer de cette comparaisonest, Comme je l’ai déjà dit plus haut, que s si l’on supprimait mes inven-tions dans les filatures anglaises, il n’y resterait qiie les cardes à étoupesinventées par les Anglais , et qui seraient tout à fait inutiles, puisque cen’est qu’à l’aide de mes machines que Ton file l’étoupe cardée ; quë si,au contraire, on supprimait dans nos filatures françaises tout ce que lesAnglais ont ajouté à mes inventions, la filature resterait entière, et nousposséderions encore une branche d’industrie complète et florissante.
Conclusion.
« Tout ce qui a été dit et démontré ci-dessus peut se résumer dans lesfaits suivants :
« L’empereur Napoléon proposa, en 1810, un prix d’un million de francspour l’invention de la filature mécanique du lin.