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PUBLICATION INDUSTRIELLE.
anglaises; si celles-ci paraissent, au premier coup d’œil, exécuter plus detravail, cet avantage est bien compensé par les étirages plus nombreuxque doit subir le ruban avant d’être filé. La question de la supériorité del’une ou de l’autre méthode est donc au moins très-douteuse, et dansauciin cas, la substitution des machines anglaises aux miennes ne sauraitêtre considérée comme un progrès de quelque importance.
« 3° Les machines à étirer, à séries de peignes, munies de traversesélévatoires ou barrettes. ( Voir mon brevet de perfectionnement du24 août 1815. )
« Cette partie fondamentale de mon système a été adoptée par les Anglais sans aucune modification essentielle : la similitude est même restée telleque, si l'on compare deux dessins de même dimension représentant deuxséries de peignes, l’une d’après ma méthode primitive, l’autre d’après laconstruction anglaise, on croira, au premier coup d’œil, voir la mêmemachine. Ce n’est qu’en étudiant attentivement les détails qu’on s’aperçoitdu changement que les Anglais ont fait dans le mouvement rotatif despeignes et des barrettes, changement qui n’ajoute rien à la perfection dela filature. Des modifications de ce genre sont, du reste, si peu impor-tantes, que l’on peut citer cinq constructions de mes séries de peignestrès-distinctes les unes des autres, et qui pourtant produisent toutes lemême résultat; ce sont 1° ma construction primitive; 2° la constructionanglaise, dont nous venons de parler ; 3° une construction introduite parles fileurs de Silésie , où chaque peigne est porté sur une petite traverse,dont les extrémités se recourbent comme celles d’une double manivelle,et se terminent par des tourillons qui sont reçus dans des trous percésdans les chaînons ; 4° la construction assez généralement adoptée , danslaquelle les chaînes qui portent les peignes sont remplacées par uncylindre portant à la fois les peignes et les traverses élévatoires ( construc-tion qui se trouve indiquée dans mes brevets d’invention, et qui est repré-sentée dans la pl. 15 du tome XII des brevets d’invention expirés) ; 5° enfinla nouvelle construction anglaise dans laquelle les peignes sont mis enmouvement par deux vis conductrices. Nous avons les quatre premièresconstructions à Girardow, et toutes fonctionnent également bien, ce quiprouve que le résultat ne dépend nullement ici des détails du mécanisme,mais uniquement de l’emploi des séries de peignes à traverses élévatoires,principe qui constitue une de mes principales inventions.
« 4° Les machines à filer en gros, ou bancs à broches.
« Les machines que nous employons depuis longtemps pour cette pré-paration ne sont autres que les bancs à broches des filatures de coton, aux-quels nous avons ajouté mon système d’étirage à séries de peignes. Lemécanisme au moyen duquel s’opèrent le tordage et le renvidage a subi,entre les mains de divers artistes français et anglais , une foule de modifi-cations plus ou moins ingénieuses ; j’y ai moi-même fait quelques change-ments utiles. On ne peut, dans aucun cas, attribuer aux fileurs anglais