PUBLICATION INDUSTRIELLE.
304
permet de se dilater, puis de se contracter, après le refroidissement, pro-portionnellement à la fonte, tandis que lorsque l’arbre est trop grosdans toutes ses parties, il ne peut acquérir un assez haut degré de cha-leur, et alors la dilatation et la contraction ne peuvent être les mêmesentre le fer et la fonte, ces deux métaux n’adhérant pas solidementensemble.
Le moyeu du cylindre, coulé sur toute sa longueur, forme partout uneépaisseur de 6 centimètres environ autour de l’arbre ; des goujons en fersont préalablement rapportés sur celui-ci, afin de rendre encore l’assem-blage des deux corps plus solide, s’il est possible. Cet arbre est aussidégrossi au tour, après avoir été forgé, avant de couler le cylindre sur lui.
Le cylindre est creux entre le moyeu et les jantes, qui sont seulementréunies par cinq ou six bras, formant des nervures qui existent sur touteleur longueur; la jante n’a jamais moins de 5 centimètres d’épaisseur.
Qu’il nous soit permis de dire, en terminant, que nous avons eu le plai-sir de voir dernièrement, dans tous leurs détails et pendant plusieurs jours,les beaux ateliers de construction de M. Nillus : nous avons pu nous con-vaincre que ce constructeur pouvait confectionner et livrer à nos coloniesune grande quantité de moulins à sucre, en très-peu de temps; nous enavons vu une dizaine au moins en construction, et peut-être autant toutprêts à livrer, mais la plupart établis par prévision et non sur commande.Quelques autres établissements se sont aussi, depuis peu, occupés de cesappareils, et sont également en mesure d’en fournir, bien exécutés, dans detrès-courts délais. Eh bien, malgré cela, sur la demande du gouverneur dela Guadeloupe , on a été faire des commandes en Angleterre, et on a obtenul’entrée en franchise de droits d’au moins vingt moulins à sucre, sous pré-texte que les constructeurs français ne pouvaient pas fournir ces moulinsassez tôt. Quand donc la mécanique sera-t-elle plus encouragée en France ?
Nous avons vu sur les ports du Havre des moulins de M. Robinson deLondres , et de M. Fawcet de Liverpool, et nous avons reconnu qu’ilsétaient moins bien exécutés que ceux de nos mécaniciens, et pourtant, sinous devons en croire ce qui nous a été dit, le prix de ces moulins anglais est au moins aussi élevé que celui des moulins français .