On sait que la laine peut être divisée en trois espèces générales et biendistinctes : 1° la laine commune, ou laine indigène , qui ne sert qu’à la con-fection des matelas, des tapis, couvertures et autres objets de bonneterieou de passementerie; 2° la laine dite de carde , plus ou moins affinée etaméliorée par l’effet de l’introduction et de la multiplication des mérinosen France , et spécialement destinée à la fabrication des étoffes foulées,c’est-à-dire de la draperie proprement dite ; 3° enfin, la laine qui, aussiplus ou moins améliorée, est plus particulièrement destinée, comme propreau peigne, à la fabrication des étoffes rases, c’est-à-dire non foulées, et dési-gnée sous le nom de laine de peigne.
Pour toutes les laines de la première espèce le commerce ne paraît solli-citer aucune amélioration proprement dite ; il ne demande que le bonconditionnement ; si on lui faisait cette sorte de laine moins grossière, plusdouce, plus soyeuse, elle ne serait plus propre à la plupart des emploisauxquels il la destine : la laine superfine ferait, en effet, de très-mauvaismatelas. Mais il n’en est pas de même de la laine employée à la confectiondes tissus dont l’homme a besoin pour se vêtir; c’est ici que le champ del’amélioration est vaste : depuis l’étoffe la plus grossière jusqu’aux drapsles plus fins, les plus moelleux, on recherche les mêmes qualités dans lamatière première : plus la laine de carde a de finesse, de douceur et d'élas-ticité, meilleure est l’étoffe qu’elle sert à fabriquer.
La laine de peigne voit son emploi prendre chaque jour plus d’impor-tance. Cette laine se mélange actuellement à la soie, au cachemire et aucoton, comme elle s’emploie dans la confection d’une foule d’articles nou-veaux. Pour posséder toutes les qualités désirables, cette sorte de lainedoit être lisse, lustrée , fine, soyeuse et à longue mèche.
Depuis plusieurs années on a beaucoup perfectionné les machines appli-quées à la filature de ces deux dernières espèces de laine, comme en géné-
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