MACHINE A TEILLER LE LIN
ET LE CHANVRE,
II» ventée |tai* M. ÏSOFFIIABTUT,
ET CONSTRUITE PAR M. DECOSTER A PARIS .
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Les tiges de lin et de chanvre, telles qu’on les récolte, sont composéesd’une sorte de tuyau de bois, qu’on appelle communément chènevotte, defilaments qui entourent ce tuyau en le suivant dans sa longueur, et d’uneécorce plus ou moins légère qui les recouvre.
L’écorce et les filaments sont unis, attachés ensemble, avec la chène-votte ou cœur de la tige et par une matière qu’on nomme gommo-résineuse,qui fait l’office d’une espèce de vernis dont les tiges sont comme enduites.Si on ne faisait subir au lin et au chanvre une opération préparatoire, ilne serait guère possible de les enlever par les moyens dont on se sert dansles campagnes, parce que les filaments sont trop fortement attachés aubois ou chènevotte, que la séparation devant nécessairement se faire pouren tirer parti dans l’industrie, on ne pourrait l’obtenir que par un travaillong et très-pénible; les outils en usage pour travailler le lin et le chanvreétant tout à fait insuffisants. C’est pour cette raison qu’on a recours aurouissage, afin de rendre la plante plus en état d’être travaillée par les ma-chines qui doivent séparer la chènevotte des filaments.
Le rouissage se pratique de différentes manières, suivant l’étendue qu’ondonne à cette culture, et suivant aussi les localités. Le plus ordinairement ilse fait par une immersion complète dans une eau stagnante ou dans une eaucourante; d’autres fois il se pratique, sinon sans le secours de l’humidité,du moins sans que la plante soit immergée dans l’eau , et c’est ce que l’onnomme rouissage, à la rosée, qui n’est pas lui-mème exécuté de la mêmemanière dans tous les pays. Quelquefois aussi, mais bien plus rarement,on fait rouir le chanvre en l’enterrant dans de grandes fosses creuséesdans le sol, et qu’on recouvre d’une couche de terre. Le procédé qui estreconnu comme donnant de meilleurs résultats, et présentant les condi-tions les plus favorables à la salubrité, est celui qui se fait dans une eau cou-rante : c’est en cela que les chanvres de Russie ont une préférence sur lesnôtres, surtout pour les cordages de la marine, parce que dans cette con-trée, c’est toujours par l’immersion complète et dans une eau qui se renou-