PUBLICATION INDUSTRIELLE.
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Velle constammentque se faitlejrouissage. Le temps pendant lequel on laisseainsi exposé le lin n’est pas constant, il dépend de la nature de la saison.
Au dire des agronomes les plus distingués et les plus habiles, l’opérationdu rouissage serait une des choses des plus délicates et celle qui demandele plus grand soin de la part des cultivateurs, car elle ne saurait être réputéeparfaite qu’autant qu’il y a eu commencement de pourriture, ce qui nepeut avoir lieu que lorsque les filaments auront commencé à être atta-qués, si ce n’est sur toute leur longueur, du moins en plusieurs endroitset notamment sur les parties les plus faibles de la plante, ce qui altéreranécessairementles produits; on obtiendra plus d’étoupes, et par conséquentmoins de maîtres-brins, que s’il n’y avait pas eu d’altération par l’effet dela fermentation putride. Si l’on venait à manquer le moment où le rouis-sage est terminé pour enlever le lin, on s’exposerait à ne retirer que dufumier et à perdre toute la récolte.
Cette altération présente tous les caractères de la putréfaction desmatières organiques, et tous les inconvénients à la salubrité publique, carpersonne n’ignore combien le voisinage des routoirs est nuisible à la santé,par l’odeur infecte qu’ils répandent et les maladies qui en sont les suites.Aussi, la question du rouissage du chanvre et du lin a-t-elle depuis long-temps occupé des savants distingués, pour aviser à le supprimer entière-ment ou du moins à le rendre moins pernicieux. La société d’Encourage-ment, comme pour tout ce qui regarde l’intérêt général, a, depuis 1816,mis sur son programme un prix sur le rouissage. Sans nous arrêter à don-ner une nomenclature exacte de tous les moyens chimiques et mécaniquesqui ont été proposés pour résoudre cette intéressante question, nous dironsquelques mots des machines qui dès leur origine ont donné de meilleursrésultats; mais auparavant nous parlerons un peu des appareils les plus an-ciens et qui sont encore les plus répandus dans nos campagnes.
Après le rouissage, on abandonne le lin ou le chanvre, soit le long deshaies ou des murs, quand la saison le permet, ou bien, quand elle est plu-vieuse, on l’expose dans un four pour arriver à une dessiccation à peu prèscomplète : dans cet état, les fibres textiles sont encore adhérents à la sur-face des tiges; pour les en détacher, on se sert d’une machine très-simpleet peu coûteuse, qui prend différents noms, selon le pays où elle est em-ployée. Elle se nomme Broie, Brisoire, Tillotte, etc. Elle est composée dedeux pièces de bois, réunies en un bout par une forte cheville. La pièceinférieure est montée sur quatre pieds inclinés pour lui donner plus de so-lidité ; on l’élève de 0 m 812 afin d’être plus à la portée de l’ouvrier, qui tra-vaille debout. Ses dimensions sont de 14 à 16 centimètres d’équarrissage,et de 2 m 27 à 2 m 60 de long. Elle est creusée dans sa longueur par deuxgrandes mortaises de 27 millimètres qui la traversent dans toute son épais-seur; les intervalles laissés par ces mortaises sont taillés en couteaux nontranchants dans leur partie supérieure, ayant une poignée d’un bout, etportant sur sa longueur deux languettes taillées pareillement en couteaux
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Hi.