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Tome troisième.
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PUBLICATION INDUSTRIELLE.

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Les machines du Napoléon sont de construction anglaise, elles ont étéexécutées sous la direction de lhabile ingénieur M. Barns ; la coque dunavire qui, sous le rapport de la coupe et de lélégance est, sans contredit,lun de nos plus beaux bâtiments à vapeur, est due à M. Normand, duHavre , que lon peut regarder comme lun des premiers constructeurs denavires en France . Et cest M. Nillus qui a été chargé de lexécution desdernières visa trois et à quatre filets, avec lesquelles on a obtenu des vitessesde 10 à 11 nœuds à lheure, cest-à-dire une marche supérieure à cellesobtenues par les meilleurs bateaux à roues.

Avant dentrer dans des détails à ce sujet, il ne sera peut-être pas inutilede dire quelques mots sur leffet de la vis, comme application aux naviresà vapeur ; nous pourrons ensuite en expliquer la construction, puis terminerce sujet par une notice historique sur les différents moyens qui ont étéproposés depuis des années, pour remplacer les roues à pales.

Idée générale de la vis. Lavis de propulsion, de quelque manièrequelle soit construite, tire tout son pouvoir propulsif de plusieurs filets oulames fixées sur un axe parallèle à la quille du vaisseau ; ces filets formentdes segments dhélice ou de spirale, de telle sorte quen faisant tourner laxe,les filets se frayent un chemin dans leau, comme la vis dans une pièce debois, avec cette différence cependant que cette dernière avance dans leboissans occasionner aucun déplacement nuisible, tandis que lavis de pro-pulsion, agissant sur un fluide, ne peut pousser le vaisseau sans le déplacer.

Si la vis agissait dans un corps solide, elle savancerait à chaque révolu-tion, après avoir vaincu la résistance du frottement, dune quantité égale àson pas, et si elle était liée invariablement au bâtiment, elle entraîneraitcelui-ci de la même quantité. Le frottement étant proportionnel à la lar-geur de lhélice, il y aurait dans ce cas de lavantage à réduire sa largeur,et à augmenter la longueur de son pas. Mais la vis employée à la marchedes navires nagissant que sur un corps excessivement mobile, on a étéobligé de lui donner une grande résistance, cest-à-dire une grande lar-geur, de telle sorte que les angles formés par les surfaces les plus rappro-chées de laxe, avec cet axe, différassent extrêmement avec ceux forméspar les points les plus éloignés. On conçoit que les différents points decette hélice sont doués de vitesses qui vont croissant depuis laxe jusquàlextrémité de la surface cylindrique de la vis, puisque chacun deux doitdécrire dans le même temps des circonférences autour de laxe, dautantplus grandes quils sontplus éloignés du centre de rotation. Il sétablit ainsiune moyenne entre ces vitesses extrêmes, qui peut se représenter par lavitesse du point situé à égale distance de lextrémité de lhélice et de laxe.

La surface de lhélice faisant un certain angle avec la direction du mou-vement du navire, leau est frappée et poussée dans une direction oblique;il en résulte une perte de force qui varie suivant langle que fait lélé-ment propulseur avec laxe (lexpérience a fait voir que langle de 45° étaitcelui quil fallait prendre.) Nous avons dit plus haut que cet angle variait