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PUBLICATION INDUSTRIELLE.
pourrait disparaître au moyen de la disposition pour laquelle M. Gavé estbreveté, et qui permet d’enlever au besoin tout l’appareil au-dessus de l’eau.
«2° Les chaudières, les machines et le charbon occuperont un grandespace, et surchargeront le navire d’un poids considérable.
«En admettant le cas le plus défavorable, c’est-à-dire l’emploi des ma-chines à basse pression, l’espace occupé par la base des chaudières seraitde 10 mètres en carré ; les machines en prendraient 8 environ en lon-gueur, ce qui ferait 18 mètres en tout. Le charbon, pour un nombred’heures assez limité, serait logé de chaque côté des machines et des chau-dières. Le poids total des machines, des chaudières et du charbon, pour-rait être de 1,000 tonneaux. Cette disposition entraînerait nécessairementla suppression d’une grande quantité de caisses à eau, inconvénient auquelcependant il serait peut-être possible de remédier en partie, en employantpour contenir l’eau des cuisines, du boulanger, etc., les chaudières qui nedoivent servir que très-rarement. Il faudrait dans tous les cas se réserverles moyens d’obtenir de l’eau distillée en embarquant les appareils conve-nables.
« Mais si l’on considère que les vaisseaux ne devront se servir de leursmachines que pour le combat ou dans des circonstances très-urgentes, ettoujours pendant quelques heures seulement, on conçoit qu’on peut sansinconvénient employer des'machiues à haute pression. Le court espace detemps pendant lequel les machines fonctionneraient ne permettrait pas laformation dans les chaudières d’une grande quantité de sels ; le tempsd’ailleurs ne manquerait pas pour les nettoyer, puisqu’elles ne serviraientque très-rarement. Dans ce cas, le poids des machines et des chaudières,ainsi que l’espace occupé par elles, seraient considérablement réduits. »
Dans une note sur l’application de la vapeur à la navigation , remar-quable par l’élégance du style unie à la force de la pensée, où cette ques-tion est traitée tant sous le rapport politique que sous celui de la guerremaritime, M. Yerninac Saint-Maur, capitaine de vaisseau, commandantsupérieur des paquebots-poste du Levant, s’exprime ainsi : « A mesure« qu’on examine attentivement chacune des opérations de la guerre mari-« time, et qu’on met en parallèle pour l’exécuter l’ancien et le nouveau«moteur, on reconnaît l’impuissance de l’un, et l’on voit s’agrandir la« puissance de l’autre. La question ne consiste donc plus à savoir lequel« de ces deux éléments doit servir d’auxiliaire à l’autre ; c’est une affaire«jugée par quelques personnes, et qui le sera bientôt pour tout le monde.« Ce qu’il importe essentiellement de déterminer, ce sont les formes les« plus convenables des bâtiments à vapeur, leur armement militaire, le« moyen d’abriter tout l’appareil des machines contre les ravages de l’ar-« tillerie, et la mâture la plus simple, et en même temps la plus propre à la« navigation, a
(Extrait de l’ouvrage de M. Campaignac sur la Navigation par la vapeur, 1842.)