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PUBLICATION INDUSTRIELLE.
D’après M. Raimond, ce mécanicien aurait présenté à l’exposition de1819 un modèle de bateau à vapeur, avec roue au centre et une vis à unpas à l’arrière; il ne prit pas de brevet, les essais avec la vis ne l’ayant passatisfait.
Le Nautical Magazine , année 1833, rapporte que le célèbre fraudeurJohnson, qui, en 1821, avait proposé d’enlever Napoléon de l’île Sainte- Hélène avec un navire sous-marin de 33 mètres de long, a plus tard navi-gué sous la surface de l’eau dans la Tamise : il n’est point dit si son moteurétait une vis ou dès rames. Le môme article nous laisse pareillement dansl’incertitude du procédé employé, en 1653, par un Français , qui fit voir àAmsterdam un bâtiment sous-marin de 21 mètres de long; cet inventeurattribuait à son navire le pouvoir de détruire les escadres les plus considé-rables, et de faire les traversées avec une rapidité extraordinaire. Il nevoulut pas faire connaître le moyen qu’il employait pour manœuvrer sonbâtiment (s’il eût eu des rames, elles eussent été apparentes).
M. Delisle (1), capitaine du génie, proposa au gouvernement français ,en 1823, pour faire marcher les navires en mer, l’emploi de l’inventionpatentée en Angleterre, en 1836, sous le titre de propulseur transversald’Ericcson. Cette proposition n’eut pas de suite. Le capitaine Delisle adécrit son appareil dans une petite brochure possédée par la Société aca-démique de Lille . La proposition de 1823, du capitaine Delisle, ne doit pasêtre confondue avec celle qu’il a faite en 1835 (2) pour la navigation desbateaux sur les rivières; il n’y a pas la moindre identité.
En 1823, MM. Debergue et Dubois, de Paris , prirent un brevet pourun système appelé Archimédien (3), consistant en deux vis à double filetdans le genre de la vis dite d’Archimède . Tout le système se trouve ren-fermé entre les côtés et les bouts du bâtiment, de sorte qu’il est à l’abri detout accident. Les roues d’engrenage peuvent varier de diamètre suivant lavitesse qu’on veut imprimer aux vis. Des essais ayant été faits avec un petitmodèle de bateau qu’on fit naviguer sur la Seine , ou ne fut pas satisfait durésultat, et l’on abandonna l’invention.
En 1824 (4), MM. Bourdon frères, de Mâcon, prennent un brevet pourun système de vis rallongée à trois pas, tournant sous l’eau : on en établitdeux sous la poupe. Les circonvolutions de la vis sont de plus en plusécartées, à mesure qu’elles s’approchent de l’arrière, pour que la vitesseimprimée à l’eau par les premières hélices de la feuille ne la dérobe pasà l’action des dernières.
En 1824 (5), M. Dollmann prend un brevet d’importation pour ramesrotatives propres à la navigation. (Voir système Ong (6).)
(1) Campaignac, Ëtat actuel de la navigation par la vapeur, 1842.
(2) Brevets expirés , tome XLI.
(3) Idem, tomeXVIII.
(4) Idem, tome XL.
(B) Idem , tome XL.