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tout à fait dépourvues de forêts, et qui, par conséquent,manquent d’arbres, choisissent des tertres naturels,les creusent au milieu, et pratiquent des chemins pourarriver à l’espace qu’ils ont élargi autant que l’a permisla nature du lieu. Au-dessus ils élèvent des cônes avecdes perches liées entre elles , les couvrent de roseaux etde chaume, et entassent des monceaux de terre sur ceshabitations, auxquelles ce genre de toit donne de la cha-leur en hiver et de la fraîcheur en été. Quelques peu-ples couvrent leurs chaumières avec des herbes de ma-rais. Chez d’autres nations et dans certaines localités, onemploie les mêmes moyens pour construire des cabanes.A Marseille nous pouvons remarquer qu’au lieu de tuiles,c’est de la terre pétrie' avec de la paille qui recouvreles toits. A Athènes, l’Aréopage a été conservé jusqu’àce jour avec son toit d’argile comme un modèle de l’an-tiquité, et dans le Capitole on peut regarder comme unsouvenir, comme un échantillon des mœurs antiques, lachaumière de Romulus , qu’on a conservée avec sa couver-ture de chaume dans le lieu destiné aux choses sacrées.
D’après ces observations, nous pouvons quger quetelle fut la manière de bâtir des anciens. Mais un travailjournalier donna aux mains plus d’adresse, plus d’habi-leté pour bâtir, et un exercice assidu amena ces espritssubtils à travailler d’une manière plus éclairée. U arrivaalors que l’art venant à les animer, ceux qui eurent leplus de goût pour la construction des bâtiments en firentune profession particulière. Ce fut ainsi que procéda lanature; elle ne s’était pas conlentée de départir àl’homme le sentiment qu’elle avait aussi donné aux au-tres animaux : elle lui avait mis dans l’esprit l’arme dela prudence et de la raison, et avait assujetti à sa puis-sance tous les autres êtres animés. De la constructionde ieurs demeures les hommes arrivèrent par degrés aux«autres arts et aux autres sciences , et leurs mœurs, deve-