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Tome premier.
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V1TRUYE. LIV. II.

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Leseulus, que tous les principes contribuent égale-ment à former, est dune grande utilité pour les édifices;toutefois, sil est exposé à lhumidité, ses pores la font pé-nétrer jusque dans sa dernière couche ligneuse, lair et lefeu labandonnent, et laction de lhumidité le décompose.Le cerrus, le liège, le hêtre, ne contenant quun légermélange deau, de feu et de terre avec beaucoup dair,donnant par leurs pores un libre passage à lhumiditéqui les pénètre promptement, ont bientôt fait de sepourrir. Le peuplier blanc, le peuplier noir, le saule, letilleul, lagnus castus, avec leur grande abondance defeu et dair, leur médiocre quantité deau, leur peu deterre, formant une substance très-tendre, ont une légè-reté qui se prête admirablement à la main dœuvre. Aussi,comme ils ne sont point durcis par un mélange de terre,leur porosité leur donne de la blancheur, et la sculpturey trouve une matière bien facile à travailler.

Laune, qui croît sur le bord des rivières, et dont lebois paraît nêtre daucune utilité, possède de raresqualités : car lair et le feu entrant pour beaucoup dansson essence, la terre pour peu, leau pour moins en-core, il en résulte que sa substance ne renferme quefort peu dhumidité. Que dans un marais on vienne «àasseoir les fondements dun édifice sur des pilotis faitsde ces arbres enfoncés très-près les uns des autres, cesarbres se remplissant de lhumidité quils nont pas, sou-tiennent la charge des constructions les plus massives etles conservent sans saltérer. Ainsi le bois qui nopposeà lair aucune résistance, employé dans leau, dure fortlongtemps. Cest une remarque quil est facile de faire hRavenne, dont tous les édifices, soit publics, soit par-ticuliers, sont fondés sur des pilotis de cette nature.

Lorme et le frêne ont beaucoup dhumidité avec fortpeu dair et de feu; mais comme dans leur composition

Yitriive. t. 15