NOTES DU LIVRE X. 543
le mot roue, j’ai cru, comme Perrault, que pour éviter l’équi-voque qu’il y aurait eu entre les roues du char et les roues den-telées de la machine , il fallait employer le mot tympan.
73. — Denticuli perficiantur œ qualiter divisi , numero quadrin-genti. Cette machine très-ingénieuse , sans doute , ne saurait êtreexécutée de la manière que Vitruve le propose : car une roue quia quatre cents dents, doit avoir pour le moins deux pieds de dia-mètre , pour faire que chaque dent ait une ligne de longueur,qui est le moins qu’une dent puisse avoir. Or, les dents d’uneroue de deux pieds de diamètre ne peuvent donner prise que dela sixième partie d une ligne à une autre dent qui tourne de lamanière que Vitruve l’entend.
74. — Navigationibus vero similiter. Ce moyen ne peut donnerde résultat exact, parce que les roues qui vont par l’impulsion del’eau , tournent plus vite proportionnellement quand la marchedu vaisseau est rapide, que quand il va lentement, puisqu’il estvrai que le vaisseau pourrait aller si lentement que les roues netourneraient pas du tout; pour peu que la machine apporte derésistance , le mouvement du vaisseau ne serait pas capable de lasurmonter, d’autant que l’eau obéirait et céderait à cette rési-stance , ce qui n’arrive pas sur terre, où les roues étant pousséespar le poids du carrosse font toutes leurs révolutions de la mêmemanière, que le char aille vite ou lentement.
75. — Sonitum significet. Pancirole, dans son livre des an-ciennes et des nouvelles inventions, dit que l’invention de noshorloges est prise de cette machine. La combinaison des rouesproduit, en effet, les mêmes effets ; et il est probable que les anciensauraient appliqué cette invention aux horloges, si leurs heuresavaient été égales comme les nôtres. Il y a même sujet de croirequ’ils avaient quelque chose dans leurs horloges qui donnait àl’oreille aussi bien qu’à l’œil le moyen de connaître l’heure, tantpar ce qui a été dit au ch. 8 du liv. îx , sur ces petits cailloux quefaisaient tomber les horloges dans un bassin d’airain pour faire dubruit, que par l’invention de la clepsydre nocturne attribuée àPlaton par Athénée. Eghinard parle d’une horloge de ce genrequi fut envoyée à Charlemagne par le roi de Perse ; il dit quec’était une clepsydre qui, faisant tomber de temps en temps desboules de cuivre dans un bassin de même métal, sonnait lesheures; mais le nombre des heures n’était point marqué par cettesonnerie comme dans nos horloges sonnantes : car on fait remar-quer que les boules de cuivre n’étaient qu’au nombre de douze ,et qu’il fallait soixante-dix-huit coups pour sonner douze heures