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VITRUYE,
CHAPITRE VIII.
X)£S DIFFERENTES ESPECES DE MAÇONNERIE J DE LEURS PROPRIETES, ET DES DIVERSES MANIERESDONT ELLES DOIVENT ETRE FAITES SELON LES LIEUX.
Il existe deux sortes de maçonnerie
(i) Vilruve parle en ce chapitre de plusieurs espècesde maçonnerie dont on peut classer les différences avecplus de méthode qu’il n’a fait : car ses deux premièressortes de maçonnerie qu’il établit au commencementcomme les deux genres qui doivent avoir sous eux plu-sieurs espèces, ne sont que deux espèces des trois quisont comprises sous le premier genre, ce qu’il était fortaisé de comprendre quand on a lu tout le chapitre danslequel il est parlé de sept espèces de maçonnerie qui serapportent à trois genres , dont l’un est la maçonneriequi est de pierres taillées et polies ; l’autre , la maçon-nerie de pierres brutes ; et le troisième , la maçonneriecomposée de deux espèces de pierres. La maçonneriede pierres taillées est de deux espèces , savoir : la mail-lée , appelée eu latin reiicululum, et celle qui est enliaison, appelée insertion. La maillée, qui est ainsi ap-pelée à cause que ses joints représentent un réseau, estfaite de pierres dont les parements sont parfaitementcarrés , et qui sont posés en sorte que les joints vontobliquement en diagonale. Dans celle qui est en liaisonles joints sont droits et horizontaux, et les pierres sontmutuellement engagées les unes entre les autres , ce quifait que les joints sont de deux espèces , savoir : ceuxdes lits qui sont continus , ainsi cpie ceux de la maillée,et les montants qui sont interrompus, parce que ceuxqui sont entre deux pierres se rapportent au milieu desdeux autres pierres, dont l’une est dessus et l’autredessous. Cette espèce se subdivise en deux autres, dontl’une est celle qui est appelée simplement insertum , enlaquelle toutes les pierres sont égales par leurs pare-ments : l’autre est la structure des Grecs, dans laquelle
(i): Tune est la maillée, qui est à prè-les pierres sont liées comme dans l’autre, mais ellessont inégales par leurs parements, parce qu’entre deuxpierres qui sont couchées de front il y en a une en bou-tissc qui fait parement des deux côtés , dont les têtesqui font les parements n’ont de largeur que la moitiédes autres.
L’autre genre de structure, qui est de pierres bruteset non taillées, est de deux espèces, dont une est ap-pelée la structure des Grecs , de même que la dernièredes espèces du premier genre, mais qui est differente,non seulement parce que les pierres ne sont pas tailléesà cause de leur dureté , mais aussi parce qu’elles n’ontpoint de grandeur réglée, et quelles manquent de liai-sons régulières que fout les pierres à deux têtes quel’on appelle en boutisse. Celte espèce est encore sub-divisée en deux : l’une est appelée isodomum , parceque les assises sont d’égale hauteur ; l’autre , pseud/so—dornum, à cause que les assises sont inégales. L’autreespèce de maçonnerie, faite de pierres non taillées, estappelée emplscton , dans laquelle les assises ne sontpoint déterminées par l’épaisseur des pierres,mais l’épais-seur de chaque assise est faite d’une ou de plusieurspierres , s’il y a lieu , et l’espace d’un parement à l’au-tre est rempli de pierre jetées à l’aventure, sur les-quelles on verse du mortier qu’on enduit uniment , etquand cette assise est achevée on en recommence uneautre par dessus. Cette manière me semble être celledont nos Limousins se servent quand ils bâtissent depierres de meulière ou de cailloux, et ils appellent cesassises des arases, qui est, ce me semble, ce que Vitruveappelle erectacoria, ainsi qu’il sera expliqué ci-après.